[09/09/2006 22:02:44] VIENNE (AFP) L’Opep est satisfaite de la situation actuelle du marché pétrolier et n’a donc guère de raison de modifier sa politique, mais devrait évoquer lors de sa réunion lundi le recul des cours, tombés à leur plus bas niveau depuis cinq mois, ont indiqué samedi ses responsables. Pour Ali Al-Nouaïmi, ministre du pétrole de l’Arabie Saoudite, premier producteur de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), “le marché est très à l’aise et bien approvisionné”. “Nous sommes très satisfaits de la situation”, a-t-il dit à des journalistes à son arrivée à Vienne. Il n’est pas le seul de cet avis: les représentants émirati Mohammad al-Hamili, libyen Choukri Ghanem et algérien Chakib Khelil ont tous jugé samedi que l’Opep n’aurait pas besoin d’infléchir sa politique pour les mois à venir lundi. Ces premières déclarations devraient conforter les analystes dans leur idée que le cartel ne modifiera pas son plafond de production, fixé à 28 millions de barils par jour (mbj) depuis juillet 2005. Le brut a atteint vendredi en séance à New York son niveau le plus bas depuis le 5 avril à 66 dollars, soit plus de de douze dollars en dessous du record historique de 78,40 dollars enregistré à la mi-juillet. M. al-Nouaïmi s’est voulu rassurant face à cette chute: “J’ai dit que le marché était en train de se stabiliser. Je crois que les gens sont très satisfaits (de) l’offre, donc pourquoi devrions-nous être inquiets ?”, a-t-il relevé. Mais le président en exercice de l’Opep, le secrétaire d’Etat nigérian aux ressources pétrolières Edmund Daukoru s’est au contraire dit “très préoccupé”. “Nous ne savons pas jusqu’où (les prix) vont aller et nous devrons examiner cela en profondeur”, a-t-il dit. “Je ne sais pas ce que nous allons conclure, mais nous produisons systématiquement plus que les quotas”, a-t-il encore relevé à son arrivée à Vienne. “Chaque fois que nous avons voulu revoir (la position de l’Opep) à cause de la situation géopolitique, nous avons remis à plus tard et nous sommes plus ou moins en pilotage automatique. Nous allons devoir reprendre les commandes manuelles”, a-t-il déclaré. Même à un tel niveau de cours, l’Opep continue d’engranger d’importantes recettes pétrolières, et a moins de chances de se voir clouée au pilori par les pays consommateurs inquiets pour leur croissance économiques, soulignent les analystes. Le cartel a fréquemment répété ces derniers mois qu’à plus de 70 dollars, les cours étaient certes élevés, mais qu’il ne pouvait faire plus pour apaiser les tensions du marché, car celles-ci sont dues à d’autres facteurs comme le manque de capacités de raffinage ou à la crise autour du programme nucléaire iranien. C’est notamment l’apaisement relatif dans ce dossier qui a permis le recul des cours ces derniers jours. Coïncidence du calendrier, le négociateur en chef iranien Ali Larijani et le haut représentant pour la politique extérieure de l’Union européenne Javier Solana se trouvaient également à Vienne samedi pour d’ultimes discussions afin d’éviter une escalade de la crise iranienne. Cette rencontre vise à tenter d’empêcher des sanctions de l’Onu après le refus de Téhéran de suspendre l’enrichissement de l’uranium, et à reprendre le cas échéant des négociations. Les onze pays de l’Opep produisent environ 40% du pétrole mondial. Les autres ministres étaient attendus samedi soir ou dimanche pour de premières consultations bilatérales avant la réunion formelle prévue lundi. Autre facteur de baisse des cours, les stocks américains sont abondants, et aucun cyclone n’a pour l’instant frappé le golfe du Mexique. |
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