Le projet éolien d’El Fahs, dans le gouvernorat de Zaghouan, a été sélectionné en juillet 2026 dans le cadre du mécanisme japonais de crédits carbone JCM. D’une capacité de 75 MW et représentant un investissement estimé à 100 millions d’euros, il doit encore franchir l’étape décisive du bouclage financier, attendu au premier semestre 2027.

Le futur parc éolien d’El Fahs vient de franchir une nouvelle étape dans son développement. Le projet de 75 MW a été retenu par le Japon dans le cadre du Joint Crediting Mechanism (JCM), dispositif bilatéral de coopération climatique fondé sur l’article 6 de l’Accord de Paris.

Selon les données officielles du mécanisme, le projet devrait permettre d’éviter environ 88 367 tonnes équivalent CO₂ par an. Il constitue le premier projet éolien tunisien sélectionné dans ce programme de financement, après plusieurs projets photovoltaïques soutenus par le Japon.

Mais cette sélection ne signifie pas encore que le parc est financièrement bouclé. Le développeur norvégien Scatec estime le coût total du projet à environ 100 millions d’euros et prévoit le financial close au premier semestre 2027.

Un PPA de 25 ans avec la STEG

Le projet bénéficie déjà d’un contrat d’achat d’électricité, ou PPA, conclu avec la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) pour une durée de 25 ans. Ce type de contrat constitue un élément central pour sécuriser les revenus futurs du parc et faciliter la mobilisation de financements bancaires.

Scatec détient 50 % du projet, les 50 % restants revenant à Aeolus SAS. Cette société est détenue conjointement par Eurus Energy et CFAO. Eurus Energy est parallèlement le participant japonais désigné dans le cadre du mécanisme JCM.

Le montant exact de la subvention japonaise accordée au projet n’a pas été rendu public. Le dispositif JCM peut financer une partie des investissements éligibles, mais le plafond prévu par le programme ne permet pas de déduire le montant effectivement attribué à El Fahs.

Un enjeu de sécurité énergétique

L’intérêt économique du projet dépasse la seule réduction des émissions. Le système électrique tunisien reste fortement dépendant du gaz naturel, qui représentait environ 94 % de la production d’électricité en 2025, selon les données de l’Observatoire national de l’énergie et des mines.

À fin juin 2026, la Tunisie disposait d’environ 1 149 MW de capacités renouvelables installées. Avec ses 75 MW, El Fahs représenterait à lui seul l’équivalent d’environ 6,5 % de cette capacité actuelle, même si sa mise en service n’est pas encore effective.

Le projet s’inscrit dans l’objectif national visant à porter la part des énergies renouvelables à 35 % de la production électrique d’ici 2030.

Les chiffres clés

  • 75 MW : capacité prévue du parc éolien d’El Fahs
  • 100 millions d’euros : investissement estimé
  • 88 367 tCO₂e/an : émissions évitées attendues
  • 25 ans : durée du PPA avec la STEG
  • 50 % : participation annoncée de Scatec
  • 1er semestre 2027 : bouclage financier attendu
  • 1 149 MW : capacités renouvelables tunisiennes à fin juin 2026
  • 35 % : objectif de part des renouvelables dans la production électrique en 2030

La prochaine étape déterminante sera donc moins diplomatique que financière : la capacité du consortium à finaliser la dette et les fonds propres nécessaires avant le lancement effectif de la construction.