La Chine veut muscler son tissu de PME technologiques. Un plan 2026-2030 porté par dix administrations ouvre davantage les grands programmes scientifiques aux petites entreprises, renforce leur accès au financement et vise 22 000 « petits géants » d’ici 2030.

Pékin ne veut plus seulement des PME sous-traitantes. Il veut des PME capables de produire les technologies, composants et innovations dont dépend sa compétitivité industrielle.

Le nouveau plan quinquennal consacré aux petites et moyennes entreprises prévoit ainsi de mieux les intégrer aux grands projets scientifiques nationaux, aux programmes de recherche et développement et aux infrastructures d’innovation.

Les secteurs ciblés sont clairement stratégiques : nouvelles énergies, nouveaux matériaux, robotique, technologies quantiques, interfaces cerveau-machine ou encore intelligence artificielle incarnée.

22 000 « petits géants »

La Chine veut porter à 22 000 le nombre de PME classées parmi les « petits géants » en 2030, contre plus de 17 600 fin 2025.

Ces entreprises spécialisées occupent souvent des niches industrielles à forte valeur ajoutée. Pékin veut également faire passer le nombre de clusters nationaux spécialisés de PME d’environ 400 à 600.

Autre objectif : les dépenses internes de recherche et développement des PME industrielles concernées devront progresser de plus de 8 % par an. Leur chiffre d’affaires par salarié devra augmenter d’environ 15 % d’ici 2030.

Le message est clair : la Chine veut élargir sa base technologique au-delà de ses grands champions industriels.

Le capital public comme levier

Le plan s’attaque aussi au financement, traditionnel point faible des jeunes entreprises innovantes.

Les fonds publics devront attirer davantage de capitaux privés vers les entreprises en phase d’amorçage et de démarrage. Le Fonds national d’orientation du capital-risque dispose déjà de 100 milliards de yuans de capital central et Pékin espère mobiliser, avec les véhicules régionaux et les investisseurs privés, plus de 1 000 milliards de yuans.

L’enjeu dépasse la technologie. Entre janvier et juillet 2026, l’investissement privé chinois en actifs fixes a reculé de 9,4 % sur un an.

Avec plus de 60 millions de PME enregistrées et environ 80 % de l’emploi urbain attribué à ce tissu entrepreneurial par les autorités chinoises, soutenir les petites entreprises revient donc à agir simultanément sur l’innovation, l’investissement et l’emploi.

Chiffres clés

22 000 — « petits géants » visés en 2030
600 — clusters nationaux spécialisés
> 8 % par an — croissance ciblée des dépenses de R&D
+15 % — hausse visée du chiffre d’affaires par salarié
100 milliards de yuans — capital central du fonds national de capital-risque
> 1 000 milliards de yuans — investissements espérés au total
-9,4 % — recul de l’investissement privé sur janvier-juillet 2026