L’incendie de Djebel Boulmane, à Bargou, est désormais annoncé maîtrisé. Mais après six jours de lutte contre les flammes, une autre urgence apparaît : évaluer les pertes agricoles et déterminer qui indemnisera les exploitants ayant perdu oliviers, ruches, bétail et terres productives.
Plus de 2 000 hectares de forêts et d’oliviers auraient été touchés par l’incendie de Bargou, selon les premières estimations communiquées par les autorités régionales. Ce chiffre reste provisoire : l’évaluation définitive doit être réalisée à partir d’images satellitaires afin de déterminer avec davantage de précision l’étendue des surfaces détruites.
Sur le plan humain, le bilan est moins lourd. 115 personnes ont été évacuées à titre préventif, sans perte humaine signalée. Le feu étant désormais annoncé maîtrisé, l’attention se déplace vers les conséquences économiques du sinistre.
Les premières remontées font état de pertes concernant des oliviers, des ruches, du bétail et des terres agricoles. Pour certaines familles rurales, ces dommages peuvent représenter bien davantage qu’une récolte perdue. Un olivier détruit constitue un actif productif qui nécessitera plusieurs années avant de retrouver son rendement. La disparition d’un troupeau ou de ruches signifie également une perte immédiate de capital et de revenus.
L’incendie hors du champ du FIDAC
Le principal problème concerne désormais le financement de ces pertes.
Le Fonds d’indemnisation des dommages agricoles dus aux calamités naturelles (FIDAC) couvre, dans son cadre réglementaire actuel, plusieurs risques comme les inondations, les intempéries, les vents, la sécheresse, la grêle ou la neige.
En revanche, l’incendie ne figure pas explicitement parmi les risques couverts.
Cette distinction est déterminante pour les agriculteurs sinistrés de Bargou. Contrairement à certains dommages liés aux calamités naturelles reconnues par le fonds, les pertes provoquées par le feu ne semblent donc pas ouvrir automatiquement droit à une indemnisation dans le cadre du FIDAC.
Pour les exploitants disposant d’une assurance couvrant le risque incendie, les contrats souscrits pourraient constituer la première voie d’indemnisation. Pour les autres, la question d’un dispositif public exceptionnel ou d’aides spécifiques pourrait rapidement devenir centrale.
Une facture encore impossible à chiffrer
À ce stade, aucun montant global des pertes agricoles n’a été officiellement établi.
Le bilan définitif devra aller au-delà du seul nombre d’hectares brûlés. Il faudra déterminer le nombre d’oliviers détruits, les pertes de cheptel, les ruches touchées, les bâtiments et équipements endommagés ainsi que la valeur des productions perdues.
Ce recensement permettra aussi d’identifier la part des exploitants assurés et celle des agriculteurs qui pourraient se retrouver sans mécanisme automatique de compensation.
Les chiffres clés
- Plus de 2 000 hectares : estimation provisoire des surfaces forestières et oléicoles touchées.
- 115 personnes : évacuées à titre préventif.
- 0 perte humaine : selon les informations disponibles.
- 6 jours : durée approximative de la mobilisation contre l’incendie.
- 0 couverture explicite des incendies par le FIDAC dans le cadre réglementaire actuel.
Bargou entre ainsi dans une deuxième phase : après l’urgence sécuritaire, celle de la reconstruction économique. Le prochain enjeu sera de savoir si l’État mettra en place une réponse spécifique pour les agriculteurs non assurés et selon quelles modalités leurs pertes pourront être évaluées et compensées.


