Selon le FMI, l’économie mondiale fait face à une vulnérabilité accrue liée à la combinaison de quatre facteurs : tensions énergétiques (détroit d’Ormuz, hiver, besoins des centres de données), inflation persistante (4,7 % en 2026), hausse des coûts de refinancement et endettement public mondial à 100 % du PIB d’ici 2029.

L’économie mondiale a mieux résisté que prévu au choc énergétique, mais Kristalina Georgieva avertit que cette résilience reste fragile. À l’issue du G20 Finances d’Asheville, la directrice générale du FMI a pointé quatre risques : Ormuz, la reconstitution des réserves énergétiques, la demande électrique liée à l’IA et l’arrivée de l’hiver dans l’hémisphère Nord.

Le choc énergétique n’a pas provoqué la rupture redoutée. Selon le FMI, les stocks de pétrole et de gaz, la diversification des sources d’approvisionnement et les mesures de gestion de la demande ont permis à l’économie mondiale d’absorber une partie importante des tensions.

Mais pour Kristalina Georgieva, ce répit ne doit pas être confondu avec un retour à la normale.

À Asheville, où se réunissaient les ministres des Finances et gouverneurs de banques centrales du G20, la directrice générale du FMI a identifié quatre vulnérabilités susceptibles de prolonger ou de raviver les tensions énergétiques.

La première concerne le détroit d’Ormuz, toujours largement perturbé. La deuxième tient aux réserves stratégiques utilisées pour amortir le choc : elles devront être reconstituées, ce qui pourrait créer une demande supplémentaire sur les marchés. Troisième facteur, plus structurel : l’essor de l’intelligence artificielle augmente rapidement les besoins électriques des centres de données. Enfin, l’hiver approche dans l’hémisphère Nord, avec le risque d’une consommation énergétique plus élevée.

De l’énergie à l’inflation

Le danger ne se limite plus au prix du pétrole.

Une nouvelle hausse durable de l’énergie pourrait ralentir la désinflation, voire entretenir de nouvelles pressions sur les prix. Le FMI prévoit une inflation mondiale de l’ordre de 4,7 % en 2026 et estime que le mouvement de désinflation s’est interrompu dans plusieurs économies.

Cette évolution intervient alors que les marges budgétaires sont déjà réduites.

La dette publique mondiale se situait à un peu moins de 94 % du PIB en 2025, selon le Fiscal Monitor du FMI. L’institution prévoit désormais qu’elle atteindra 100 % du PIB mondial en 2029.

Dans ce contexte, des taux d’intérêt durablement élevés deviennent un risque budgétaire autant que monétaire. Lorsque les rendements obligataires augmentent, le coût de refinancement des États progresse. Les budgets consacrent alors davantage de ressources au service de la dette, au détriment de l’investissement public, des infrastructures ou des politiques sociales.

L’IA, soutien à la croissance et nouvelle contrainte énergétique

L’intelligence artificielle illustre ce paradoxe.

Elle soutient actuellement l’investissement et la croissance dans plusieurs économies, mais contribue aussi à accroître la consommation électrique. L’Agence internationale de l’énergie estime que la demande mondiale d’électricité des centres de données pourrait passer d’environ 485 TWh en 2025 à 950 TWh en 2030.

Le véritable risque identifié par le FMI réside donc dans l’interaction entre plusieurs contraintes : énergie chère, inflation persistante, taux longs élevés et dette publique importante.

Chacun de ces facteurs reste gérable isolément. Leur combinaison pourrait en revanche peser simultanément sur les finances publiques, le financement des entreprises et l’investissement.

Chiffres clés

  • 3,0 % : croissance mondiale prévue par le FMI en 2026.
  • 3,4 % : croissance mondiale attendue en 2027.
  • 4,7 % : inflation mondiale prévue en 2026.
  • Près de 94 % du PIB : dette publique mondiale en 2025.
  • 100 % du PIB : niveau de dette mondiale projeté pour 2029.
  • 485 TWh : consommation électrique des centres de données en 2025.
  • 950 TWh : consommation estimée en 2030.

Le prochain choc économique pourrait ne pas venir d’un seul facteur spectaculaire. Le risque est désormais celui d’une accumulation : énergie sous tension, inflation plus résistante, coûts de financement élevés et États déjà lourdement endettés.