chèque

Entrée en vigueur en février 2025, la réforme sur les chèques sans provision en Tunisie a réduit de plus de 60 % la valeur des transactions par chèque à juin 2026. Selon la BCT, ce recul déplace les liquidités vers le secteur informel (30 milliards TND de cash) tout en reportant les transactions sur les virements et lettres de change.

Intervenant, le 28 août 2026,  sur les ondes de la radio privée Diwan FM, le député à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), Issam Chouchen, a déclaré que la nouvelle loi sur les chèques a eu des conséquences négatives sur l’économie nationale.

Il a indiqué que cette loi, adoptée sans étude d’impact, a contribué à l’augmentation du volume des liquidités en circulation (30 Mds de DT), au développement du marché parallèle et à la perturbation du fonctionnement normal de l’activité économique, de manière générale.

Pour mémoire, la réforme dite « des chèques sans provision » est entrée en vigueur en février 2025. Celle-ci a instauré un cadre plus strict pour leur usage en limitant notamment leur utilisation comme instrument de crédit ou de garantie (pour l’achat de biens de consommation ou le règlement de fournisseurs), une pratique jusqu’alors très répandue.

Cette analyse du député a été confirmée par des données chiffrées fournies par la Banque centrale de Tunisie (BCT) sur le recul de ce mode de paiement qu’est le chèque, et ce,  par l’effet de cette loi.

Selon l’Institut des émissions, la valeur totale des transactions par chèque a reculé de plus de 60% en deux ans à fin juin 2026.

D’après la même source, Parallèlement, tous les autres moyens de télécompensation ont progressé.

Principal instrument, les virements ont augmenté de 5,2% en nombre (à 19,5 Millions d’opérations) et de 8,4% en valeur (à 40,9 Mds TND), tout comme les lettres de change (+11,4% en nombre à 2,4 M et +9,7% en valeur à 28,1 Mds TND et les prélèvements (+19,1% en nombre à 4,5 M et +10,6% en valeur à 16,5 Mds TND).

Les données de la BCT font toutefois remarquer  que les prélèvements affichent toutefois un important taux de rejet (49,7% du nombre de transactions).

Hors télécompensation, les opérations par carte bancaire (paiements et retraits) progressent également en nombre (+9,8% à 85,4 M) et en valeur (+11,2% à 15,4 Mds TND , soit 4,6 Mds€).

ABS