L’hôpital régional de Sbeïtla a réalisé, mardi 1er septembre, sa première intervention chirurgicale. Après près de dix ans de chantier et environ 67 millions de dinars investis, le véritable enjeu est désormais mesurable : réduire les transferts vers Kasserine et les autres régions, ainsi que les délais de prise en charge.

La première opération effectuée à l’hôpital régional de Sbeïtla marque davantage qu’une étape symbolique. Elle doit permettre à une partie des patients, jusqu’ici orientés vers d’autres établissements, d’être opérés plus près de leur domicile.

Le ministère de la Santé présente le démarrage de l’activité chirurgicale comme un moyen de réduire les déplacements et les délais de soins. Mais aucune donnée publique disponible ne précise encore combien de patients de Sbeïtla étaient transférés chaque année, vers quels établissements ni pour quelles interventions.

C’est pourtant ce chiffre qui permettra de mesurer l’impact réel du nouveau service.

Un investissement de près de 67 millions de dinars

Le nouvel hôpital dispose d’une capacité annoncée de 105 lits. Selon les données communiquées lors de sa mise en exploitation, quelque 52 millions de dinars ont été consacrés aux travaux et environ 15 millions aux équipements médicaux, soit un investissement global proche de 67 millions de dinars.

Le pôle chirurgical comprend six salles d’opération : trois salles centrales, une dédiée à la gynécologie-obstétrique, une aux urgences et une à l’hôpital de jour. L’établissement dispose également de six lits de réanimation, d’une unité de stérilisation et d’une salle de réveil.

Avant le lancement effectif de la chirurgie, une opération à blanc avait été organisée en juillet afin de tester les équipements, les circuits internes et l’organisation des équipes.

Les effectifs seront déterminants

La capacité matérielle ne garantit toutefois pas, à elle seule, une activité chirurgicale soutenue.

Des recrutements avaient notamment été annoncés pour renforcer l’établissement avec des médecins en chirurgie générale, gynécologie-obstétrique, anesthésie-réanimation et ophtalmologie. Les données publiques disponibles ne permettent cependant pas encore d’établir le nombre exact de spécialistes effectivement présents au bloc au 1er septembre, ni le programme hebdomadaire des interventions.

Or le rendement de six salles opératoires dépendra directement de la disponibilité des chirurgiens, anesthésistes, infirmiers de bloc et personnels de réanimation.

Le test des transferts évités

La délégation de Sbeïtla comptait environ 84 500 habitants selon les estimations démographiques de janvier 2025. Pour cette population et celle des zones voisines, la valeur du nouvel hôpital se mesurera surtout à quatre indicateurs : le nombre d’opérations réalisées localement, le nombre de transferts vers Kasserine évités, les délais avant intervention et le taux réel d’utilisation du bloc.

Le projet avait été lancé en 2016 et devait initialement être achevé en 2018. L’activité chirurgicale ne démarre finalement qu’en 2026.

Après près d’une décennie d’attente, l’enjeu n’est donc plus d’ouvrir l’hôpital, mais de démontrer son utilité. Dans quelques mois, le chiffre le plus parlant ne sera plus celui de la « première opération », mais celui des patients qui n’auront plus besoin de quitter Sbeïtla pour être opérés.

Les chiffres clés

– 105 lits de capacité annoncée
– ≈ 67 MDT d’investissement total
– 52 MDT pour les travaux
– 15 MDT pour les équipements
– 6 salles d’opération
– 6 lits de réanimation
– ≈ 84 500 habitants dans la délégation de Sbeïtla
– 2016-2026 : près de dix ans entre le début du chantier et le lancement de la chirurgie