Le premier salon Back to School ouvre le 2 septembre au siège de l’UTICA à Tunis. Derrière l’événement se profile un marché bien plus vaste que celui des fournitures : habillement, informatique, transport, cours particuliers et paiements numériques font de la rentrée un temps fort de la consommation des ménages.
Du 2 au 5 septembre 2026, le siège de l’UTICA accueille la première édition du salon Back to School. Mais l’enjeu économique dépasse largement les quatre jours d’exposition. La rentrée scolaire mobilise chaque année des dépenses réparties entre papeteries, librairies, grandes surfaces, enseignes de vêtements, vendeurs de matériel informatique, opérateurs de transport et prestataires de services éducatifs.
Aucune statistique officielle ne mesure toutefois ce « marché de la rentrée » dans son ensemble. Il faut donc en reconstruire l’ordre de grandeur à partir des données disponibles.
Un socle de plusieurs centaines de millions de dinars
Pour l’année scolaire 2025-2026, la Tunisie comptait environ 2,325 millions d’élèves.
En 2025, les données publiées par les structures relevant du ministère du Commerce estimaient le coût du sac, de la blouse et des fournitures de base à 153 dinars pour un élève de première année primaire, 229 dinars en septième année et 276 dinars en quatrième année secondaire.
En appliquant ces montants, à titre indicatif, aux grands effectifs du primaire, des collèges et du secondaire, on obtient un ordre de grandeur proche de 455 millions de dinars.
Cette estimation ne constitue pas un chiffre d’affaires officiel. Elle donne simplement une idée de la taille du socle matériel de la rentrée. Avec des produits de marques internationales, les autorités avaient indiqué que certains paniers pouvaient coûter jusqu’à 30% de plus, ce qui porterait mécaniquement cette simulation autour de 592 millions de dinars.
Bien au-delà des fournitures
La facture réelle des ménages est plus large. L’habillement et les chaussures constituent un poste important, dans un contexte où leurs prix affichaient encore une hausse annuelle de 9,1% en juillet 2026, selon l’INS.
S’ajoutent ordinateurs, tablettes, imprimantes, connexion internet, transport scolaire et restauration.
Le soutien scolaire change encore l’échelle. Des responsables associatifs estiment que la facture globale d’une rentrée peut atteindre 700 à 800 dinars pour certaines familles. Ils évoquent également un marché des cours particuliers pouvant approcher 3 milliards de dinars, mais ce montant n’est pas confirmé par une statistique nationale officielle et doit donc être considéré avec prudence.
Le paiement devient lui aussi un business
La rentrée profite également à l’écosystème financier. Inscriptions en ligne, cartes, D17, wallets et paiements mobiles accompagnent progressivement les dépenses éducatives.
En 2025, la Tunisie a enregistré environ 8,4 millions de paiements mobiles pour une valeur de 1,769 milliard de dinars, selon des données de la Banque centrale rapportées par TAP.
Le salon Back to School offre ainsi une vitrine à un marché beaucoup plus fragmenté qu’il n’y paraît. Fournitures, vêtements, EdTech, transport, cours privés et paiement composent une économie de la rentrée qui se chiffre déjà en centaines de millions de dinars, sans qu’un agrégat officiel permette encore d’en mesurer précisément la taille totale.
Chiffres clés
2,325 millions d’élèves en 2025-2026
153 à 276 DT pour le panier de base selon le niveau scolaire
≈455 millions DT : simulation du socle matériel de la rentrée
≈592 millions DT avec une majoration uniforme de 30%
+9,1% : hausse annuelle des prix de l’habillement et des chaussures en juillet 2026
1,769 milliard DT : valeur des paiements mobiles en 2025
Jusqu’à 700-800 DT : facture globale évoquée pour certaines familles


