Des milliers d’hectares auraient été parcourus par les flammes entre Siliana et Kairouan, touchant notamment des forêts de pins et des oliviers. Après l’urgence des évacuations, l’enjeu est désormais de mesurer la destruction du capital agricole et forestier.

À Bargou et Oueslatia, l’unité de mesure est en train de changer. Lundi soir, elle était encore le nombre de familles à mettre à l’abri. Mardi matin, elle devient l’hectare.

Environ 100 familles ont été évacuées à Ksar Lemsa, dans la délégation d’Oueslatia, après la propagation de l’incendie parti de Siliana vers le gouvernorat de Kairouan. Une partie des sinistrés a été hébergée au collège de Ksar Lemsa. Mardi matin, une douzaine de familles restaient encore évacuées.

Selon les informations disponibles, le feu aurait parcouru des milliers d’hectares dans la zone Siliana–Kairouan. Les surfaces touchées comprennent notamment des forêts de pins, des oliviers et d’autres arbres.

Mais ce chiffre reste à consolider. Aucun inventaire officiel détaillé n’a encore été publié pour distinguer les hectares forestiers, agricoles ou pastoraux effectivement détruits.

Un hectare brûlé ne suffit pas à calculer la facture

Le coût économique ne pourra pas être établi en appliquant simplement un prix moyen à chaque hectare incendié.

Un hectare de pin d’Alep, une oliveraie adulte et une zone de broussailles n’ont ni la même valeur, ni le même potentiel productif, ni le même temps de reconstitution.

Pour les exploitants agricoles, la question centrale sera celle des oliviers. Un arbre détruit ne représente pas seulement une perte immédiate. Il peut aussi signifier plusieurs campagnes sans production, auxquelles s’ajoutent les coûts d’arrachage, de remplacement et d’entretien des jeunes plants.

Il faudra donc connaître le nombre d’oliviers irrécupérables, et non seulement les hectares touchés.

Plus de 14 000 hectares brûlés en Tunisie cet été

Le sinistre de Bargou–Oueslatia intervient dans un contexte national déjà particulièrement lourd.

Selon un bilan préliminaire de la Protection civile, 239 incendies forestiers ont touché plus de 14 000 hectares en Tunisie entre le 1er juin et le 30 août 2026. Ce bilan ne prenait pas encore en compte les derniers incendies.

Au 23 juillet, les autorités forestières avaient déjà signalé environ 4 400 hectares de superficies forestières touchées depuis le début du mois de mai.

L’accélération observée durant l’été renforce l’enjeu budgétaire : reboisement, protection des sols, remise en état des pistes forestières et soutien éventuel aux agriculteurs pourraient représenter des dépenses importantes.

Le prochain chiffre décisif viendra du terrain

Pour Bargou–Oueslatia, la priorité sera désormais de produire un inventaire précis : hectares de forêt brûlés, superficie d’oliveraies touchée, nombre d’arbres détruits, pertes agricoles et besoins de restauration.

C’est seulement après ce travail que l’incendie pourra être traduit en dinars.

Les chiffres clés

– Environ 100 familles évacuées à Ksar Lemsa.
– Une douzaine de familles encore évacuées mardi matin.
– Des milliers d’hectares parcourus par les flammes selon un responsable local.
– 239 incendies forestiers recensés en Tunisie entre le 1er juin et le 30 août.
– Plus de 14 000 hectares de forêts touchés sur cette période.
– Environ 4 400 hectares avaient déjà été signalés comme touchés au 23 juillet.

Le véritable bilan ne sera donc pas seulement celui des hectares brûlés, mais celui des hectares productifs perdus et des années nécessaires pour les remettre en production.