L’Algérie et six autres membres de l’OPEP+ augmentent collectivement leur production de 188 000 barils par jour à compter de septembre. Mais avec un Brent supérieur à 90 dollars et des flux toujours fortement perturbés autour du détroit d’Ormuz, le marché regarde désormais moins les quotas que la capacité réelle des producteurs à acheminer leurs barils.

La hausse de production décidée début août par sept membres de l’OPEP+ entre en vigueur dans un marché pétrolier profondément transformé par les tensions géopolitiques.

L’Arabie saoudite, la Russie, l’Irak, le Koweït, le Kazakhstan, l’Algérie et Oman ont prévu de relever collectivement leur production de 188 000 barils par jour en septembre. En temps normal, une telle décision serait interprétée comme un facteur de détente sur les prix. Mais le contexte actuel en limite fortement la portée.

Le principal facteur reste le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour les exportations pétrolières du Golfe. Avant les perturbations actuelles, environ 20,9 millions de barils par jour y transitaient, soit près d’un cinquième de la consommation mondiale de liquides pétroliers. Selon les données de l’Energy Information Administration américaine, les flux sont tombés à environ 4,9 millions de barils par jour au deuxième trimestre 2026, contre 21,6 millions au quatrième trimestre 2025.

Dans ces conditions, l’enjeu n’est plus seulement de produire davantage, mais de pouvoir exporter les volumes disponibles.

Un effet limité sur le Brent

Le Brent évoluait autour de 92 dollars le baril au 1er septembre, malgré l’entrée en vigueur de la hausse OPEP+. Ce niveau reflète une prime de risque élevée liée aux approvisionnements du Golfe et aux difficultés de circulation maritime.

L’augmentation de 188 000 barils/jour apparaît également modeste au regard du déséquilibre global du marché. L’Agence internationale de l’énergie estime à environ 1,8 million de barils par jour le déficit du marché mondial au troisième trimestre 2026.

Le contraste est donc net : l’OPEP+ remet progressivement des volumes sur le marché, mais les perturbations physiques d’approvisionnement restent d’un ordre de grandeur bien supérieur.

Les quotas comptent moins que les flux

Le marché pétrolier distingue actuellement deux réalités : les capacités théoriques de production et les volumes effectivement disponibles pour les acheteurs.

Un baril supplémentaire ne contribue à détendre les prix que s’il peut être produit, chargé, assuré, transporté et livré. Tant que les flux autour d’Ormuz restent fortement perturbés, la capacité de l’OPEP+ à influencer les prix par les seuls quotas demeure limitée.

La prochaine réunion des sept producteurs, prévue le 6 septembre, sera donc surveillée moins pour une éventuelle nouvelle hausse que pour le signal envoyé sur leur stratégie d’offre.

À court terme, la variable décisive reste ailleurs : l’évolution des flux dans le Golfe. Si le trafic se normalise, les hausses successives de production pourraient rapidement peser sur le Brent. Si les perturbations persistent, quelques centaines de milliers de barils supplémentaires auront peu de poids face à un risque logistique mesuré en millions de barils.

Les chiffres clés

– 188 000 barils/jour : hausse collective de production prévue en septembre.
– Environ 92 dollars : niveau du Brent au 1er septembre.
– 4,9 millions de barils/jour : flux moyens via Ormuz au deuxième trimestre 2026.
– 21,6 millions de barils/jour : niveau des flux au quatrième trimestre 2025.
– 1,8 million de barils/jour : déficit mondial estimé au troisième trimestre 2026.
– 6 septembre : prochaine réunion prévue des sept producteurs.