Après avoir sécurisé un premier ancrage dans le gaz algérien, l’Allemagne veut élargir rapidement la relation économique avec Alger. Énergie, renouvelables, industrie, transports et pharmacie sont désormais sur la table. Pour les entreprises et investisseurs, le vrai test sera la transformation des accords signés en juillet en projets financés, exécutés et rentables.
Le partenariat Algérie–Allemagne entre dans une phase plus opérationnelle.
À Alger, après une étape à Tunis, le ministre allemand des Affaires étrangères Johann Wadephul a remis l’économie au centre de la relation bilatérale. Avec son homologue Ahmed Attaf, il a identifié plusieurs priorités : énergie, renouvelables, transition énergétique, industrie, transport et pharmacie.
Le message est clair : Berlin ne veut plus limiter sa relation avec Alger au seul approvisionnement énergétique. L’objectif est désormais d’élargir le portefeuille de coopération et surtout d’accélérer l’exécution des accords conclus lors du Forum économique algéro-allemand du 17 juillet 2026.
Le gaz donne déjà de la visibilité
Le dossier le plus concret reste celui du gaz.
Sonatrach et l’énergéticien allemand VNG ont signé un accord prévoyant une augmentation des livraisons de gaz algérien vers l’Allemagne à partir du 1er janvier 2027.
Pour Berlin, l’intérêt est stratégique : diversifier les sources d’approvisionnement et réduire l’exposition à un nombre limité de fournisseurs. Pour Alger, l’enjeu est commercial : sécuriser de nouveaux débouchés européens et renforcer la position de Sonatrach sur un marché allemand en recomposition.
Mais plusieurs données essentielles restent absentes : volumes supplémentaires, prix, durée du contrat et poids réel de ces livraisons dans le mix allemand. Pour les investisseurs, ce sont précisément ces paramètres qui permettront d’évaluer la portée économique réelle de l’accord.
L’hydrogène ouvre un deuxième marché
Le partenariat se projette déjà sur l’après-gaz.
Sonatrach et VNG travaillent sur ALTEH2A et le SoutH2 Corridor, deux dispositifs destinés à connecter à terme la production d’hydrogène d’Afrique du Nord aux marchés européens.
Berlin estime que l’Algérie pourrait fournir jusqu’à 10% de la consommation européenne d’hydrogène à l’horizon 2040.
Le potentiel est considérable, mais le risque d’exécution l’est aussi. Contrairement au gaz, l’hydrogène nécessite encore infrastructures, financement, cadre réglementaire, contrats d’achat et visibilité sur les coûts de production.
L’industrie sera le vrai test
La prochaine étape se jouera donc hors hydrocarbures.
Industrie, transport, pharmacie et technologies figurent parmi les secteurs où Alger cherche davantage de production locale, d’investissements et de transferts technologiques. Pour les entreprises allemandes, ces marchés offrent des opportunités, mais exigent des projets suffisamment sécurisés pour justifier des engagements de long terme.
Le principal indicateur à suivre ne sera donc plus le nombre de mémorandums signés.
Il faudra regarder les montants investis, les capacités industrielles créées, les contrats exécutés, le contenu local et les emplois générés.
Le gaz dispose déjà d’un calendrier. L’hydrogène a désormais une architecture stratégique. Pour l’industrie, la question est plus simple : quels projets passeront réellement du protocole d’accord au chantier ?
Chiffres clés
– 1er janvier 2027 : hausse prévue des livraisons de gaz Sonatrach–VNG.
– 2024 : début des achats directs de gaz algérien par VNG.
– 17 juillet 2026 : Forum économique algéro-allemand à Berlin.
– 10% : contribution potentielle de l’Algérie à la consommation européenne d’hydrogène à l’horizon 2040.
– 6 secteurs prioritaires : énergie, renouvelables, transition énergétique, industrie, transports et pharmacie.


