Le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, a précisé, mercredi, que les financements faisant l’objet des projets de loi n° 50 et n° 51 de l’année 2026, ne sont pas destinés à la modernisation des moyens de production du Groupe Chimique Tunisien (GCT) mais à l’importation de matières premières nécessaires à la production d’engrais indispensables au secteur agricole.

Lors d’une séance plénière tenue mercredi, à Bardo et consacrée à l’examen de ces deux projets de loi relatifs à des accords de Mourabaha signés entre le GCT et la Société Internationale Islamique de Financement du Commerce (SIFC), le ministre a rappelé que le GCT est le maillon de la “transformation” dans la filière phosphate et le principal fournisseur des entreprises tunisiennes fabriquant des dérivés de phosphate.

Le ministre a également évoqué l’importante contribution du GCT au soutien de l’agriculture tunisienne en fournissant des engrais à des prix préférentiels, souvent inférieurs aux coûts de production et aux prix mondiaux, ce qui explique, entre autres, sa situation financière difficile.

Rappelant l’importante contribution du secteur agricole à la croissance économique et à la sécurité alimentaire en 2024 et 2025, le ministre a indiqué que pour garantir le succès de la saison agricole, le GCT doit importer des intrants non produits en Tunisie, tels que le soufre, nécessaire à la production d’acide phosphorique et de triple superphosphate et l’ammoniac, nécessaire à la production de nitrate d’ammonium agricole.

Abdelhafidh a considéré que les conditions financières associées aux accords conclus sont acceptables compte tenu de la situation financière actuelle, évoquant l’existence d’un programme de financement global au profit de la GCT pour la période 2026-2030 incluant le projet de réalisation d’une usine de production de TSP à Mdhilla (Projet Mdhilla 2), des projets environnementaux à Gabès et d’amélioration de la gouvernance.

Le ministre a souligné que la démarche d’importation des matières premières est similaire à celle adoptée par la STIR (raffinage) et l’Office du Commerce de la Tunisie (OCT) afin de garantir les importations de base.

En réaction aux interventions des députés concernant la gouvernance du Groupe, le ministre a affirmé que l’amélioration de la gouvernance est impérative pour toutes les entreprises publiques, dont beaucoup représentent désormais un fardeau pour le budget de l’État faute de rentabilité financière.