Le gouverneur de Bizerte, Salem Ben Yaâcoub, s’est rendu, mardi, sur le site du projet du nouveau pont de Bizerte, techniquement désigné sous le nom de « liaison fixe », pour y évaluer l’état d’avancement des trois tranches de ce chantier stratégique.

Sur place, il a réaffirmé la volonté des autorités d’accélérer la cadence. Toutes les capacités locales, régionales et centrales seront mobilisées pour soutenir les entreprises tunisiennes et chinoises impliquées dans les travaux, a fait savoir le gouverneur, soulignant que l’objectif serait bien de lever chaque obstacle et de créer les conditions d’une livraison dans les délais.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Leïla Seifaoui, directrice générale de l’unité de réalisation du pont, a fait état d’un taux d’avancement de 75 % pour les première et troisième tranches, toutes deux confiées à des entreprises tunisiennes. Leur achèvement est prévu dans les prochains mois. La deuxième tranche, la plus stratégique, pilotée par des entreprises chinoises, progresse à plus de 25 %. Les fondations profondes sont achevées. La première partie de la structure métallique composée de cinq éléments est attendue sur le chantier avant la fin décembre 2026. Les éléments restants suivront successivement en mars, avril, mai et juin 2027.

Il s’agit d’un pont d’exception. L’ouvrage principal mesure 2,1 km au-dessus du canal de Bizerte.

Structure à double voie, armature en acier de 24 000 tonnes, revêtement en béton armé, hauteur de 60 mètres au-dessus de la mer : toutes les catégories de navires pourront y passer, ce qui renforcera directement l’activité du port à l’import comme à l’export.

Les deux autres tranches dessinent, elles, la future ceinture routière de la ville. La première tranche, d’un coût de 76 millions de dinars, prévoit une voie rapide de 4,7 km avec trois échangeurs aux carrefours de la route nationale 8 et de l’autoroute A4.

La troisième tranche, évaluée à 75 millions de dinars, intègre une voie rapide de 2,7 km au nord, un échangeur sur la route nationale 11 vers Menzel Bourguiba, un ouvrage métallique au niveau de la cimenterie, un ouvrage sur route communale et un giratoire sur la route locale 438.

Première rocade urbaine de Bizerte, ce pont redéfinira les connexions de la ville avec son arrière-pays régional, national et international.

Un projet que Seifaoui qualifie comme étant « un des grands ponts du monde », au regard de ses spécificités techniques.