STEGLA SOUKRA – Sept heures d’obscurité totale, deux ou trois heures de répit précaire, puis le noir complet qui s’installe à nouveau. C’est le rythme épuisant et inacceptable auquel sont désormais soumis les habitants et les commerçants de La Soukra. Depuis plusieurs jours, la commune fait face à une vague de coupures d’électricité récurrentes et prolongées, plongeant la population dans le désarroi et la colère.

Une vie quotidienne au rythme du chaos

Ce qui était autrefois décrit comme des « délestages ponctuels » s’est transformé en un véritable calvaire quotidien. Les résidents ne comptent plus les heures passées sans climatisation, sans lumière, ni même sans accès à l’eau dans certains immeubles où les surpresseurs ne fonctionnent plus.

« On nous accorde à peine quelques heures de répit pour recharger nos téléphones, faire tourner une lessive à la hâte ou espérer sauver ce qu’il reste dans nos réfrigérateurs, puis tout s’éteint à nouveau », témoigne une habitante du quartier, excédée.

Pour les familles, la gestion des personnes âgées et des enfants en bas âge devient une épreuve insurmontable. Les réserves alimentaires finissent à la poubelle, tandis que les appareils électroménagers grillent les uns après les autres sous l’effet des retours brutaux de tension.

L’économie locale au bord de l’asphyxie

Du côté des commerçants et des petits entrepreneurs de La Soukra, l’exaspération a laissé place à l’inquiétude économique. Épiceries, salons de coiffure, cafés et cabinets médicaux subissent de plein fouet ces interruptions sauvages :

  • Pertes financières colosales : Rupture de la chaîne du froid pour les produits frais et surgelés.
  • Activité à l’arrêt : Impossibilité d’utiliser les outils de travail électroniques et d’encaisser les clients.
  • Surcoûts inutiles : L’achat et l’entretien de groupes électrogènes deviennent une charge étouffante pour les petites structures.

L’urgence d’une réponse claire

Face à cette situation intolérable, le silence ou la lenteur des interventions de la STEG (Société Tunisienne de l’Électricité et du Gaz) alimente l’incompréhension. Comment une zone urbaine aussi dense et dynamique que La Soukra peut-elle se retrouver livrée à elle-même, avec des plages d’électricité réduites à la portion congrue ?

Les habitants exigeants aujourd’hui bien plus que des excuses ou des explications vagues sur la canicule et la surconsommation. Il y a urgence à restaurer un calendrier prévisible, à renforcer les infrastructures défaillantes et, surtout, à garantir un droit fondamental : l’accès continu à l’énergie.