Un rapport sur “l’état de la population mondiale 2026”, élaboré par le fonds des nations unies pour la population (UNFPA) a révélé que 58% des jeunes tunisiens sont optimistes pour l’avenir, malgré les incertitudes liées à la situation économique, sécuritaire, sanitaire et environnementale.

Ces données ont été présentées au cours d’une table ronde organisée vendredi par le Fonds des nations unies pour la population en Tunisie, en collaboration avec l’organisation “Journalistes pour les droits de l’homme”, consacrée à la présentation des résultats de ce rapport et des résultats d’une enquête internationale sur les aspirations des jeunes.

La directrice du bureau de l’UNFPA en Tunisie Rim Fayala, a indiqué que cette étude a inclus 870 jeunes en Tunisie, dont 630 hommes et 240 femmes, et a démontré que 58 % des jeunes interrogés ont une vision positive de l’avenir.

Elle a précisé que le niveau d’optimisme varie selon les tranches d’âge et le sexe, notant que la tranche d’âge des hommes de 25 à 29 ans a enregistré les niveaux d’optimisme les plus bas, attribuant cette situation à la phase de recherche d’emploi ou de partenaire de vie, alors que le taux d’optimisme chez les femmes âgées de 18 à 19 ans était plus élevé.

Elle a ajouté que 68% des jeunes tunisiens interrogés ont exprimé l’incertitude face aux risques liés aux défis économiques, sécuritaires, sanitaires et environnementaux.

Sur le plan international, Fayala a souligné que cette étude, publiée par le Fonds des nations unies pour la population à l’occasion de la Journée mondiale de la population, qui coïncide avec le 11 juillet de chaque année, a englobé environ 109 mille utilisateurs d’Internet âgés de 18 à 39 ans dans 73 pays, dont 8 pays arabes : la Tunisie, le Maroc, l’Égypte, le Qatar, l’Arabie saoudite, le Liban, la Jordanie et la Somalie.

Les résultats ont dévoilé que 2 jeunes sur 3 dans le monde ont une vision positive de l’avenir, et que le taux d’optimisme en Afrique de l’Ouest et centrale est estimé à 62%, contre 33% dans les pays arabes, et seulement 19% en Europe de l’Ouest, en Amérique du Nord et en Australie.

Malgré cet optimisme, l’étude a mis en lumière certaines inquiétudes des jeunes face aux menaces sécuritaires  (53,3%) aux défis économiques (49,9% et aux risques sanitaires et environnementaux (41,4%).

Elle a souligné que les résultats de l’enquête ont révélé que la stabilité financière et la santé physique et mentale sont les piliers fondamentaux des aspirations des jeunes, dépassant clairement les considérations sociales traditionnelles.

Concernant la vie de famille, l’étude a démontré que 36,7% des jeunes interrogés souhaitent se marier ou vivre en couple. A cet égard, Fayala a précisé que la majorité des jeunes ne s’oppose pas à l’idée de fonder une famille, mais se heurte à des obstacles économiques et de logement qui limitent leur capacité à réaliser ces aspirations.

En ce qui concerne la procréation, l’étude a montré que le modèle familial préféré par la plupart des jeunes dans le monde et dans les pays arabes consiste à avoir deux enfants, alors que le souhait de fonder une famille plus nombreuses de 3 à 5 enfants, a été noté plus explicitement dans les pays d’Afrique de l’Ouest et centrale.

La directrice du bureau de l’UNFPA en Tunisie a souligné que cette étude a pour objectif de mieux comprendre les aspirations des jeunes en matière d’objectifs de vie, de formation, de partenariats et de procréation, dans le but d’élaborer des recommandations permettant aux  gouvernements de mettre en place des politiques qui répondent aux attentes des jeunes.

Ce rapport a recommandé d’investir dans les capacités des jeunes, de renforcer leur contribution à la croissance économique, de les impliquer dans l’élaboration des politiques et programmes, de consolider le principe de l’égalité des chances et d’exploiter les données statistiques et démographiques en vue d’établir des politiques publiques destinées aux jeunes.