
Objectif : mesurer le degré d’exposition des pays aux risques géopolitiques, économiques et climatiques, évaluer la capacité de leur économie à absorber les chocs, à s’adapter aux perturbations et à préserver leur attractivité à long terme et offrir aux éventuels investisseurs internationaux les informations les plus fiables sur le climat des affaires dans les pays examinés.
A quoi sert GIRRI ?
L’évaluation se fait sur la base de 3000 données articulées principalement sur cinq indicateurs : le degré d’exposition au risque à travers le taux d’inflation, la volatilité des devises, l’instabilité politique, la qualité du cadre juridique et réglementaire et les risques physiques liés au changement climatique.
Le classement repose également sur d’autres critères : la stabilité macroéconomique, la gouvernance, la solidité financière, la résilience climatique, l’attractivité des investissements et la capacité d’adaptation face aux crises.
Mention spéciale pour le pilier résilience, ce dernier évalue la capacité d’un pays à absorber et à s’adapter à des changements radicaux, protégeant ainsi les investissements. Les scores élevés indiquent une plus grande résilience. Les indicateurs utilisés pour mesurer la résilience de chaque juridiction sont les comptes extérieurs, la marge de manœuvre budgétaire, la complexité économique (niveau de savoir-faire technologique dans la structure de production et d’exportation d’un pays), la formation brute de capital fixe, l’innovation, la qualité de la gouvernance, les progrès sociaux et la résilience au changement climatique.
La Tunisie recule de 7 places, c’est énorme !!!
Pour le cas de la Tunisie, GIRRI l’a classée, cette année, à la 118e place sur un total de 150 pays listés, ce qui représente une baisse de sept places par rapport à sa position précédente de 111e.
Les auteurs du rapport accompagnant cet indice ont justifié cette contreperformance que consacre le recul de la Tunisie dans le classement par plusieurs vulnérabilités : un environnement juridique et réglementaire déficient, apparaissant comme la principale vulnérabilité du pays.
Conséquence : le système judiciaire est perçu par l’indice comme un important frein aux investissements étrangers.
Toujours au rayon des faiblesses, le rapport évoque également : la lenteur et le retard qu’accuse la Tunisie en matière de réformes, et ce, en comparaison, avec des destinations concurrentes.
Au niveau régional, voire nord africain, la Tunisie fait moins bien que le Maroc (98ème), l’Algérie (102ème). Elle devance par contre des pays comme la Mauritanie (122ème) et l’Egypte (144 ème).
Au plan africain, la Tunisie est classée à la 14ème place. Le classement des pays les moins risqués pour les investisseurs en 2026 marque une progression africaine : 9 pays du continent figurent désormais dans le Top 100 contre 3 en octobre 2025.
Maurice reste l’économie la mieux classée passant de la 83e place en 2025 à la 61e à l’échelle mondiale en 2026, devant la Tanzanie (62e) et le Botswana (63e). Ces trois pays africains étaient les seuls africains qui figurent dans le Top 100 mondial en octobre 2025.
Ils sont rejoints par les Seychelles (79e), le Cap-Vert (88e), la Namibie (90e), l’Afrique du Sud (95e) et le Maroc. Le royaume a atteint la 98e place, porté notamment par la diversification industrielle et les investissements dans les infrastructures.
Le classement mondial reste dominé par les économies européennes et asiatiques. La Suisse conserve la première place mondiale devant le Danemark et la Norvège, tandis que Singapour demeure le principal hub asiatique.
Abou SARRA
EN BREF
- Chute au classement : La Tunisie recule de 7 places et se positionne au 118e rang sur 150 pays au GIRRI 2026.
- Facteur bloquant : Un cadre juridique déficient et un système judiciaire perçu comme un frein majeur pour les investisseurs étrangers.
- Retard structurel : Le rapport souligne la lenteur chronique des réformes économiques tunisiennes par rapport à ses concurrents directs.
- Dynamique africaine : 9 pays d’Afrique intègrent le Top 100 mondial en 2026 (menés par Maurice, 61e, contre seulement 3 en 2025.
- Décrochage régional : Au Maghreb, la Tunisie 118e est largement distancée par le Maroc 98e et l’Algérie 102e.


