L’Assemblée des représentants du peuple (ARP) a examiné, jeudi en séance plénière, le projet de loi relatif au Plan de développement 2026-2030. Ce texte stratégique a suscité des avis divergents au sein du parlement, entre défenseurs d’une feuille de route ambitieuse et critiques pointant du doigt un manque de marge de manœuvre législative.

Pour le député Houssem Mahjoub, ce projet de loi figure parmi les initiatives les plus cruciales de l’État. “Il s’agit d’une feuille de route référentielle qui regroupe la balance économique, la loi de finances et les budgets de l’État jusqu’à l’année 2030”, a-t-il souligné.

Le parlementaire a précisé que l’élaboration de ce plan repose sur une démarche progressive dictée par les attentes directes des citoyens, rompant ainsi avec les logiques sectorielles ou régionales traditionnelles.

Selon lui, le succès de ce plan quinquennal exige une synergie totale entre les institutions publiques, le secteur privé et la société civile. Il a également insisté sur l’urgence d’une réforme législative pour stimuler la croissance et sur la nécessité de sécuriser les financements requis.

D’autres élus ont contesté la forme et le fond du texte.

“Quel est l’apport d’un débat sur un plan soumis à l’Assemblée dans un format fermé, à adopter en l’état sans possibilité d’amendement ?”, s’interroge, pour sa part, le député Mohamed Ali.

Il a notamment contesté les indicateurs chiffrés du plan, qui table sur 102 milliards de dinars d’investissements et un taux de croissance d’environ 4,2 %, les jugeant déconnectés des réalités de la conjoncture internationale. Appelant à voter contre le projet, le parlementaire a exhorté ses collègues à défendre les prérogatives de l’ARP et le droit des citoyens à un développement effectif.

Son avis est partagé par le député Hassan Ben Ali, qui a lui aussi refusé de cautionner le texte. Ce dernier a fustigé un plan qui, selon lui, “ancre une politique du fait accompli et s’appuie sur des “objectifs irréels”.