Le professeur tunisien de droit public Slim Laghmani a été honoré mardi à la Faculté des sciences juridiques, politiques et sociales de Tunis, à la suite de son élection en tant que juge au Tribunal international du droit de la mer (TIDM), une désignation saluée comme un nouveau succès pour la présence tunisienne au sein des juridictions internationales.
S’exprimant lors de la cérémonie, Slim Laghmani a souligné que la Tunisie compte désormais trois magistrats siégeant dans de grandes juridictions internationales : Rafâa Ben Achour à la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples, Haykel Ben Mahfoudh à la Cour pénale internationale, ainsi que lui-même au Tribunal international du droit de la mer.
Selon lui, cette représentation constitue « une source de fierté » pour la Tunisie et reflète également l’efficacité de la diplomatie tunisienne, rappelant que l’élection des juges internationaux repose à la fois sur les compétences scientifiques et juridiques des candidats et sur le soutien diplomatique des États.
Slim Laghmani a indiqué que sa candidature avait été proposée à l’initiative du président Kaïs Saïed. Il a affirmé que sa mission consistera à contribuer au renforcement de l’État de droit au niveau international, dans un contexte marqué par de nouveaux défis juridiques.
Évoquant le rôle du TIDM, il a rappelé que cette juridiction avait rendu en 2024 un avis consultatif sur les obligations des États en matière de changement climatique et de protection du milieu marin, avant qu’un avis de la Cour internationale de Justice ne vienne conforter cette approche en 2025.
Le doyen de la Faculté des sciences juridiques, politiques et sociales de Tunis, Wahid Ferchichi, a estimé que cette élection illustre les résultats de l’investissement de la Tunisie dans l’enseignement supérieur et la formation juridique depuis l’indépendance.
Il a considéré que la présence de trois juges tunisiens dans trois juridictions internationales distinctes témoigne du rayonnement de l’école juridique tunisienne.
Pour la professeure Salsabil Guelibi, cette élection revêt également une dimension stratégique pour la Tunisie, État riverain de la Méditerranée, en raison de l’importance du droit de la mer dans les questions liées aux frontières maritimes et aux relations avec les pays voisins. Elle a rappelé que Slim Laghmani possède une longue expérience au sein de la commission nationale du droit de la mer.
Dans un message lu en son nom, le ministre de la Défense, Khaled Sehili, a estimé que cette élection illustre l’engagement de la Tunisie en faveur du droit international de la mer et met en valeur la capacité des compétences tunisiennes à contribuer au développement du droit international.
Né en 1957 à Tunis, Slim Laghmani est professeur émérite de droit public, spécialiste du droit constitutionnel, de la philosophie du droit et du droit de la mer.
Il a notamment dirigé le département de droit public de la Faculté des sciences juridiques, politiques et sociales de Tunis et présidé l’Association tunisienne de droit constitutionnel entre 2017 et 2020.
Basé à Hambourg, le Tribunal international du droit de la mer, créé en 1996 en application de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, est composé de 21 juges élus pour un mandat de neuf ans renouvelable.
Il est compétent pour trancher les différends relatifs à l’interprétation et à l’application du droit de la mer, notamment en matière de délimitation maritime, de protection de l’environnement marin et d’exploitation des ressources marines.


