Le ministère de l’emploi et de la formation professionnelle a organisé, mardi, un atelier de travail consacré à la présentation des résultats d’une étude sectorielle sur les besoins du marché de l’emploi en métiers et compétences dans le secteur des technologies de l’information et de la communication.

Cette étude a été réalisée en collaboration avec l’Observatoire tunisien de l’emploi et des qualifications (ONEQ) et l’Organisation internationale du travail, avec un financement de l’Union européenne, dans le cadre d’un projet visant à instaurer un système national de veille et de prospection des besoins du marché de l’emploi.

Le ministre de l’emploi et de la formation professionnelle Riadh Chaoued a affirmé à cette occasion, que le marché de l’emploi a connu des mutations rapides en raison du développement technologique et économique, ce qui a entraîné une forte demande de la main-d’œuvre spécialisée dans le secteur des technologies de l’information et de la communication, tant au niveau national qu’international.

Il a ajouté que la prospection n’est plus un choix, mais une nécessité pour permettre aux différents intervenants de prendre des décisions qui répondent aux exigences du marché et d’assurer une meilleure adéquation entre la préparation des ressources humaines et les compétences dans les entreprises économiques en Tunisie et à l’étranger.

Le ministre a précisé que cette étude s’inscrit dans le cadre d’une série d’études sectorielles lancées par le ministère, qui ont également porté sur le transport terrestre, la logistique, la construction et les travaux publics, afin de fournir des données précises permettant d’élaborer des politiques publiques en matière de formation et d’emploi en fonction des besoins de l’économie.

Il a noté que cette étude a permis de dévoiler que le marché européen aura besoin d’environ 10 millions de spécialistes dans le secteur des technologies de l’information et de la communication d’ici l’année 2030, estimant que cette opportunité peut être exploitée à travers la formation de compétences tunisiennes aptes à répondre à la demande extérieure.

Il a noté que les résultats de cette étude ont révélé un écart entre les programmes d’enseignement supérieur et de formation professionnelle et les compétences réellement requises sur le marché du travail, ce qui nécessite une révision des mécanismes de formation des ressources humaines.

Le ministre a relevé un certain retard dans la révision des programmes éducatifs et la création de nouvelles spécialités, soulignant que le ministère mise sur la formation complémentaire à court terme pour combler l’écart entre la formation de base et les exigences des entreprises pour “renforcer l’employabilité des diplômés du supérieur et des centres de formation professionnelle”.

De son côté, le directeur général de l’Observatoire tunisien de l’emploi et des qualifications (ONEQ) Fakher Zaibi, a indiqué que cette étude a identifié les métiers et les compétences les plus demandés dans le secteur des technologies de l’information et de la communication, et a élaboré une carte de répartition des besoins dans cinq pays européens : la France, l’Italie, l’Allemagne, la Belgique et le Luxembourg.

Il a expliqué que cette étude a analysé les besoins actuels et futurs, ce qui aidera la Tunisie à orienter les politiques de formation professionnelle et d’enseignement supérieur vers les spécialités à forte demande au sein de l’Union européenne.

Zaibi a ajouté que cette étude a dévoilé que les métiers les plus demandés incluent le développement de logiciels, le développement d’applications web, l’ingénierie du cloud, l’ingénierie des données, la cybersécurité et la protection des données, ajoutant que ces spécialités ont connu une pression croissante, tant au plan national qu’international.

Il a indiqué que le secteur des technologies de l’information et de la communication emploie actuellement plus de 100 mille spécialistes en Tunisie, signalant un rythme de croissance rapide, qui pourrait offrir de nouvelles perspectives d’emploi pour les jeunes.