TabacLe constat est sans appel : un infarctus sur deux en Tunisie est directement imputable au tabac. Cette révélation choc du Dr Zaker Laïdheb met en lumière l’échec des politiques de prévention actuelles et le coût humain et financier exorbitant qui pèse sur la société. Face à un public jeune de plus en plus exposé, l’urgence d’une refonte thérapeutique et d’une prise en charge globale s’impose.

Un bilan épidémiologique alarmant au cœur de la santé publique

En Tunisie, le cœur des citoyens flanche sous le poids de la fumée. À l’occasion d’une table ronde maghrébine organisée ce mardi 2 juin 2026, le Dr Zaker Laïdheb, éminent spécialiste en cardiologie, a jeté un pavé dans la mare : environ 50 % des crises cardiaques enregistrées dans le pays sont directement liées au tabagisme. Ce chiffre, loin d’être une simple statistique, illustre une réalité dramatique pour les structures hospitalières tunisiennes. Le tabac ne se contente plus de détruire les poumons ; il s’impose comme le premier bourreau des artères coronaires à l’échelle nationale, saturant les services d’urgence et impactant la force vive de l’économie tunisienne.

Le paradoxe de la conscience face à l’échec des campagnes classiques

L’autre enseignement majeur de cette rencontre réside dans la déconnexion totale entre l’information et le comportement. Se basant sur des recherches rigoureuses menées à la Faculté de médecine de Tunis, le Dr Laïdheb a révélé que plus de 95 % des fumeurs interrogés sont parfaitement conscients des risques mortels qu’ils encourent. Le problème n’est donc plus un déficit d’information, mais une incapacité structurelle à rompre avec la dépendance.

La hausse préoccupante de la consommation chez les jeunes démontre les limites des messages sanitaires traditionnels. La communication publique doit impérativement basculer d’une rhétorique de la culpabilisation à une stratégie d’influence comportementale modernisée.

Pénurie de substituts nicotiniques : La faille thérapeutique maghrébine

Face à cette addiction, le corps médical tunisien se retrouve désarmé. Le Dr Laïdheb a vigoureusement dénoncé la rareté des alternatives thérapeutiques et le manque criant de substituts nicotiniques, un fléau qui touche l’ensemble des pays du Maghreb.

Pour inverser la courbe, le cardiologue plaide pour une mesure forte : la gratuité totale et systématique de ces dispositifs de sevrage dans tous les centres de prise en charge. Sans un accès fluide et subventionné aux traitements de substitution, les intentions d’arrêt des fumeurs resteront lettre morte, perpétuant une crise sanitaire majeure que l’État tunisien payera, de toute façon, au prix fort via le budget de la santé.

EN BREF

  • Alerte majeure : Le tabagisme cause environ 50 % des crises cardiaques en Tunisie, selon le Dr Zaker Laïdheb.
  • Cible vulnérable : Les experts constatent une hausse inquiétante du nombre de fumeurs chez les jeunes Tunisiens.
  • Le paradoxe : Plus de 95 % des fumeurs connaissent les dangers du tabac, mais ne parviennent pas à décrocher.
  • Faille logistique : Les pays du Maghreb subissent une pénurie et un manque d’accessibilité des substituts nicotiniques.
  • Action requise : Le corps médical réclame la gratuité des traitements de sevrage et une refonte de la sensibilisation.