
Cette étude présente une analyse des cas de la Tunisie et de l’Égypte, explore l’impact de la discrimination au travail sur la détérioration du droit à un logement décent et tente de comprendre la relation structurelle entre les inégalités économiques sur le marché du travail et l’accès des femmes à un logement convenable.
Les résultats de cette étude ont montré que l’écart salarial entre les femmes et les hommes ne se limite pas à une simple disparité de revenus, mais qu’il devient un facteur déterminant dans la capacité des femmes à assumer les coûts du logement et à y accéder, dans un contexte de hausse continue des prix du logement et des services associés.
Selon l’étude, l’écart salarial entre les femmes et les hommes en Tunisie s’élève à environ 10,4 % en faveur des hommes. En Égypte, l’écart salarial dépasse quant à lui 20 % en faveur des hommes. Cela se répercute directement sur la capacité des femmes à accéder au logement, « cette capacité atteint 90,6 % en Tunisie, contre 80 % en Égypte », selon l’étude.
Le document de recherche souligne également que la hausse des coûts du logement ne se limite pas au loyer ou à la propriété, mais inclut des charges supplémentaires telles que les services de base et les transports, « ce qui impose un fardeau plus lourd aux femmes et accroît les risques de précarité et d’instabilité en matière de logement ».
Selon l’étude, de nombreuses femmes sont contraintes d’accepter un logement de moindre qualité ou de partager leur logement contre leur gré, tout en étant exposées à un risque accru d’expulsion en raison de leur incapacité à assumer les coûts du logement.
Les principales recommandations formulées pour la Tunisie afin de remédier à cette situation se résument à la nécessité d’adopter une approche intégrée fondée sur les droits, établissant un lien direct entre la justice économique sur le marché du travail et le droit à un logement décent, en traitant les causes structurelles de la crise par la mise en œuvre de mécanismes de contrôle visant à garantir l’égalité salariale et à réduire le recours aux contrats de travail précaires pour les femmes.
Parallèlement, l’étude a recommandé de repenser les politiques de logement, les programmes de logement social et le financement immobilier afin qu’ils tiennent compte des écarts de revenus entre les sexes, tout en proposant des mécanismes alternatifs d’évaluation de la solvabilité et en allégeant les conditions relatives aux garanties familiales ou immobilières qui excluent les femmes.


