Le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, a affirmé lors de la séance plénière consacrée à l’examen des projets de lois relatifs aux accords de concessions pour la production d’électricité à partir de l’énergie photovoltaïque que ces accords s’inscrivent dans le cadre d’un choix économique et stratégique visant à soutenir la transition énergétique et à renforcer la souveraineté nationale à travers la sécurité énergétique.

Dans ce cadre, le ministre a nié toute surinterprétation liée aux remaniements gouvernementaux (en référence au limogeage par le président de la République de la ministre de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, Fatma Thabet Chiboub), soulignant que le dossier demeure essentiellement économique et strictement de développement.

En ce qui concerne les investissements étrangers, Samir Abdelhafidh a mis l’accent sur le fait que la Tunisie est un pays ouvert aux IDE dans le cadre du respect de la souveraineté nationale et de la législation en vigueur, rappelant que le pays abrite plus de 4 000 entreprises étrangères opérant dans divers secteurs et soumises aux lois nationales en matière d’emploi, de change et de fiscalité.

Le ministre a par ailleurs ajouté que le secteur des énergies renouvelables représente un des domaines prometteurs pour attirer les investisseurs qu’ils soient tunisiens ou étrangers en raison des grandes opportunités économiques qu’il offre en matière de production d’électricité, ainsi que pour l’amélioration de la compétitivité de l’économie nationale en réduisant l’empreinte carbone des produits locaux, notamment sur les marchés européens, et en renforçant l’attractivité de la Tunisie pour les investissements directs.

Le ministre Samir Abdelhafidh a indiqué, à ce titre, que la part des énergies renouvelables en Tunisie a atteint environ 9 % en 2025 contre 3 à 4 % il y a quatre ans, estimant que cette évolution est “positive” mais demeure en deçà des objectifs nationaux fixés.

“Notre pays a besoin d’au moins 3900 mégawatts supplémentaires pour atteindre l’objectif de 35 % d’énergies renouvelables d’ici 2030”, a-t-il expliqué.

Dans ce contexte, Samir Abdelhafidh a souligné que les cinq projets présentés représentent environ 600 mégawatts. Ils constituent, selon lui, une “étape cruciale mais insuffisante” à eux seuls, appelant, en ce sens, à accélérer le rythme des investissements dans ce domaine et à ne pas perdre de temps face à la concurrence régionale et internationale croissante.

S’appuyant sur des données publiées par l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA) pour l’année 2025, le ministre a affirmé que la Tunisie avec une capacité de production de 1,21 gigawatts, est encore “en retard par rapport à plusieurs pays arabes”, appelant à ce propos à accélérer les réformes et à fournir des messages positifs visant à rassurer les investisseurs sur le climat d’investissement dans notre pays.

En réponse aux réserves émises par certains députés autour des risques véhiculés par l’ouverture du secteur énergétique aux investisseurs étrangers sur la souveraineté nationale, le ministre Samir Abdelhafidh a affirmé que l’ouverture aux investisseurs étrangers dans le secteur de l’énergie ne contredit pas la souveraineté tant que les accords sont encadrés par la loi et tiennent compte de l’intérêt supérieur du pays.

Il a précisé que le mécanisme des concessions est appliqué mondialement et repose sur la garantie d’une période de temps pour assurer la rentabilité de l’investissement, en particulier dans les projets à coût capital élevé.

Tout en rappelant que la Tunisie doit désormais “réduire le coût des subventions énergétiques”, le ministre a indiqué que les dépenses de subvention des hydrocarbures ont atteint environ 7,1 milliards de dinars en 2025, dont environ 3,89 milliards de dinars sont destinés à l’électricité.