Assurances AutomobileFace à une sinistralité automobile représentant 40,8 % des règlements, la FTUSA, par la voix de son président Mondher Khabcheche, appelle à une refonte sectorielle. La stratégie repose sur une sécurité routière nationale stricte et la digitalisation de la gestion des sinistres (e-constat, Dash-cams) pour contrer la fraude et adopter la tarification « Pay How You Drive ».

La Fédération Tunisienne des Sociétés d’Assurances (FTUSA) appelle à une refonte profonde des pratiques. Mondher Khabcheche, insiste sur l’urgence d’une stratégie nationale articulée autour de la sécurité routière et de la digitalisation de la chaîne de valeur, afin de protéger les assurés, réduire les coûts et restaurer la confiance.

Selon M. Khabcheche, président de la FTUSA, l’automobile représente 40,8 % des sinistres réglés. Pour maîtriser et réduire la sinistralité de l’assurance auto, il faut prioriser les 2 axes suivants :

1- La sécurité routière en Tunisie, qui devrait être une grande cause nationale : programmes de sécurité routière assez rigide et volontariste visant à réduire fortement la mortalité routière : radars automatiques, tolérance zéro sur les infractions graves, permis à points et Campagnes de communication / prévention en partenariat avec l’ONSR et les compagnies d’assurance.

Nous pouvons citer le Plan Chirac lancé en 2002, a fait baisser d’environ 40% la mortalité sur les routes en 5 ans, soit 3 000 vies sauvées (à ce jour, 83 000 vie sauvées). En Tunisie, la mortalité routière est 3 fois plus élevée qu’en France. (Tunisie : 16 décès / 100 000 habitants, France : 4,8 décès / 100 000 habitants).

La “Vision” : “La transition vers un modèle « Pay How You Drive » n’est pas seulement une évolution tarifaire : c’est un changement culturel qui valorise la responsabilité.”

 

2- La maîtrise et la digitalisation de la chaîne de valeur en lien avec la gestion des sinistres, le but étant de réduire les délais de règlement, limiter les fraudes, baisser les coûts des sinistres, et par conséquent les sorties des fonds en devises :

  • (i) déclaration des sinistres (e-constat),
  • (ii) outil de chiffrage pour les experts et
  • (iii) équipement de matériels spécialisés pour les réparateurs (changement de paradigme : réparer au lieu de remplacer la pièce de rechange importée et coûteuse),
  • (iv) la FTUSA à travers les plateformes e-recours (matériel-auto déjà opérationnelle et corporelle-auto, en cours de développement), et le lancement de l’Agence de lutte contre la Fraude prévue fin 2026, qui jouera un rôle clé dans la protection des assurés honnêtes, la réduction des coûts du secteur, et l’amélioration globale de la confiance.

À terme, il faut sortir de la tarification rigide pour aller vers le « Pay How You Drive », valorisant les comportements responsables.

« Lors du dernier 18 -ème RDV de Carthage des assureurs qui s’est tenu du 1er au 3 février 2026, nous avons fait la découverte d’une start-up tunisienne « Accent » qui commercialise des caméras embarquées : des ‘’Dash-cam’’ qui se fixent sur le pare-brise avant d’un véhicule.

La “Preuve” : “L’automobile représente 40,8 % des sinistres réglés. […] En Tunisie, la mortalité routière est 3 fois plus élevée qu’en France.”

 

Elles filment en continu la route et l’environnement de conduite. Elles permettent de prouver la responsabilité du conducteur en cas d’accident, elles protègent contre les faux témoignages (fraudes), encouragent une meilleure conduite (alerte en cas de danger ou conduite risquée), et permettent d’avoir le maximum de données sur le conducteur : nombre d’heure de conduite, nombre d’infractions, … et donc cela permet la réduction potentielle du coût d’assurance. (Pay how you drive) »

Pour Mondher Khabcheche, la transformation du marché automobile tunisien ne pourra se faire qu’en combinant discipline routière, innovation technologique et lutte systémique contre la fraude. La transition vers un modèle « Pay How You Drive » n’est pas seulement une évolution tarifaire : c’est un changement culturel qui valorise la responsabilité et prépare le secteur à une ère d’assurance plus juste, plus efficace et plus durable.

A.B.A

EN BREF

  • Poids lourd : L’automobile représente 40,8 % des sinistres réglés en Tunisie.
  • Urgence sécuritaire : La mortalité routière en Tunisie est 3 fois plus élevée qu’en France (16 vs 4,8 décès/100k hab.).
  • Plan de choc : La FTUSA réclame une stratégie nationale (radars, permis à points, tolérance zéro) inspirée du modèle français.
  • Digitalisation & Devises : Modernisation de la chaîne de gestion (e-constat, réparation vs remplacement) pour réduire les coûts et les sorties de devises.
  • Révolution tarifaire : Cap vers le « Pay How You Drive » et la télématique (Dash-cams) pour récompenser les conducteurs responsables et lutter contre la fraude d’ici fin 2026.