
Lors de sa première visite officielle à l’étranger et dans un pays arabe et africain en tant que cosmonaute, le cosmonaute Russe Kirill Peskov a choisi la Tunisie, pour partager sa vision de la coopération spatiale, son parcours de pilote, de l’importance d’inspirer les jeunes.
Importance d’inspirer les enfants et les jeunes
Dans l’émission «l’interview du jour » organisée samedi à la Cité des sciences de Tunis, en marge de l’événement scientifique organisé en partenariat avec la Maison russe à Tunis, Peskov a souligné la nécessité d’offrir un encadrement et une formation aux jeunes dans les ces domaines.
Il a fait part de son souci, dans chacune de ses visites, de rencontrer les jeunes et les enfants en milieu scolaire, car ils représentent la génération sur laquelle on peut miser et dans laquelle la Tunisie peut investir.
Le cosmonaute a, à cet égard, souligné que la Tunisie a entièrement sa place dans le domaine de la recherche spatiale, affirmant sa volonté personnelle et celle de son pays, la Russie, d’aider la Tunisie dans le cadre du partenariat existant entre les deux pays, qui repose sur des bases et des cadres dépassant sa personne, ce qui constitue une motivation pour l’échange d’expériences entre les deux pays et leur bénéfice mutuel.
Il a précisé que l’espace n’a pas de frontières sur le plan géopolitique et qu’il est ouvert aux domaines de la recherche et du développement scientifiques, en particulier dans le volet humain qui revêt une importance capitale dans le secteur spatial.
Exploration spatiale continue et défi de la vitesse galactique
Kirill Pescov a relevé que les sciences spatiales avaient atteint un stade avancé et que « les voyages spatiaux avaient dépassé à maintes reprises la vitesse du son » et que les travaux se poursuivent aujourd’hui pour aller plus loin dans l’exploration et le développement, et dépasser ce qui a été atteint à ce jour, d’autant plus que les sciences spatiales enregistrent chaque jour des avancées technologiques et des découvertes exceptionnelles.
Cependant, ce qui a été réalisé jusqu’à présent ne permet pas, selon son estimation d’aller plus loin dans les explorations, ce qui nécessite de travailler à atteindre la vitesse galactique pour pouvoir découvrir d’autres corps célestes, car la vitesse est un facteur déterminant pour naviguer dans l’espace et s’en éloigner davantage.
Parcours scientifique : de pilote de ligne à cosmonaute
Concernant son parcours scientifique, le cosmonaute russe a indiqué avoir terminé ses études universitaires en aviation en 2012, pour travailler ensuite comme copilote jusqu’en 2018, date à laquelle il s’est inscrit au concours de sélection des astronautes.
Malgré une concurrence féroce entre les candidats, la chance lui a souri et il a été sélectionné pour devenir cosmonaute, ce qui, selon lui, l’a privé de la possibilité de devenir commandant de bord.
À partir de 2018, il a commencé sa formation au Centre de recherche spatiale russe, puis a suivi, d’avril à août 2025, un entraînement intensif en vue de la mission spatiale, au cours de laquelle il a passé 147 jours et quelques heures, qui se sont déroulés sans incident notable.
Télédétection et collecte de données climatologiques au service de l’agriculture à l’ISS
Kirill Pescov a indiqué à l’agence TAP, que durant sa mission spatiale à la Station Spatiale internationale (ISS), il a effectué des richesses sur la télédétection et la collecte de données permettant d’étudier la météorologie, de surveiller l’atmosphère et de prévoir les phénomènes pouvant survenir à la surface de la Terre.
Il s’agissait également de cartographier la Terre et son atmosphère, afin que ces données puissent servir à l’étude des changements climatiques et météorologiques, en collaboration avec le ministère russe de l’Agriculture, en particulier que ces données seront mises à la disposition du secteur agricole.
« Je n’ai rencontré aucun extraterrestre, mais je crois en l’existence d’une entité sage
En réponse à une question sur l’existence éventuelle d’une vie extraterrestre, le cosmonaute Kirill Pescov déclare à TAP : « Je n’ai pas rencontré d’être vivant au cours de mes missions, mais je crois qu’il existe une entité sage qui réflechit. Et Pourquoi pas ? Cela peut exister. C’est une question ouverte à tous que ce soit par tous les passionnées ou dans le domaine spatial »
Conseil aux jeunes tunisiens qui veulent devenir cosmonautes : restez curieux
Il a conseillé aux jeunes Tunisiens qui rêvent de devenir un jour cosmonautes de conserver leur curiosité et leur âme d’enfant, et de poser des questions sans timidité, car on ne peut progresser sans se poser de questions, la curiosité étant un moteur de la connaissance.
Il a également insisté sur l’importance de ne pas renoncer à ses rêves malgré les difficultés et de tout mettre en œuvre pour les réaliser.
Pour rappel, La Cité des Sciences à Tunis accueille le Cosmonaute russe Kirill Peskov ce samedi 18 avril dans le cadre de sa mission de promotion et de diffusion de la culture scientifique et technologique auprès du grand public, en partenariat avec la Maison Russe en Tunisie.
Objectif affiché, offrir au public, aux jeunes, aux étudiants et aux passionnés de sciences, notamment les technologies de l’espace, l’opportunité d’échanger avec un acteur de premier plan de l’exploration spatiale contemporaine et de découvrir les enjeux actuels des missions habitées avec une intervention sur « La vie en orbite : enjeux humains et techniques des missions spatiales».
Diplômé en ingénierie aéronautique de l’École supérieure d’aviation civile d’Oulianovsk en 2012, Kirill Peskov a entamé sa carrière en tant que copilote sur des avions long-courriers, totalisant plus de 3 000 heures de vol. Il a suivi des formations avancées au sein de plusieurs équipages de missions vers la Station spatiale internationale (ISS), notamment dans le cadre des programmes Soyouz et Crew Dragon.
En mars 2025, Kirill Peskov a participé à la mission Crew-10 à bord du vaisseau Crew Dragon, aux côtés d’astronautes internationaux, dont Anne McClain, Nichole Ayers et Takuya Onishi. Durant cette mission de 147 jours, l’équipage a mené avec succès des expériences scientifiques de pointe, tout en assurant la maintenance et l’exploitation de la station spatiale. Le retour sur Terre s’est effectué en août 2025, après un amerrissage dans l’océan Pacifique.


