Le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Riadh Chaoued, a annoncé mardi le lancement officiel de l’élaboration du Référentiel national des compétences et des certifications de la Formation professionnelle (RNCCFP) et ce, lors d’une journée d’information organisée à l’Académie diplomatique de Tunis, en présence de représentants de partenaires nationaux et internationaux ainsi que d’acteurs du secteur de la formation professionnelle.
Réalisé en partenariat avec l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ), dans le cadre du programme d’appui au secteur de l’éducation (PASE), ce projet s’inscrit dans un processus de réforme visant à moderniser le système de formation professionnelle et à renforcer son efficacité ainsi que sa capacité à répondre aux besoins du marché du travail.
Le Référentiel national des compétences et des certifications de la Formation professionnelle a pour objectif de centraliser, organiser et actualiser les données relatives aux compétences et aux certificats professionnels.
Il permettra ainsi de mettre en place une base de données de référence fiable au service de l’ensemble des intervenants du secteur. Cette initiative contribuera également à renforcer la transparence du système, à harmoniser les mécanismes de lecture et de compréhension des certifications et compétences reconnues, tout en favorisant la révision et l’actualisation des spécialités de formation afin de mieux les adapter aux évolutions économiques et sociales.
Il vise aussi à renforcer la connexion avec les référentiels nationaux et internationaux et à unifier la nomenclature des compétences afin d’assurer sa conformité avec les standards en vigueur dans le domaine de la formation professionnelle aux niveaux national et international.
Dans son allocution, le ministre a souligné que le développement du capital humain constitue un choix stratégique pour l’État tunisien dans un contexte marqué par des mutations économiques et technologiques rapides.
Il a, en outre, souligné la nécessité de développer les outils de la formation professionnelle et d’adopter des mécanismes innovants et performants garantissant la qualité des formations ainsi que la clarté des parcours professionnels, dans le but d’améliorer l’adéquation entre les compétences nationales et les exigences du marché de l’emploi.
Il a ajouté que ce Référentiel prendra la forme d’une plateforme numérique destinée à renforcer davantage la gouvernance du secteur de la formation professionnelle, notamment à travers l’amélioration des processus de planification et de prospection, la valorisation des compétences nationales et le rayonnement du système tunisien de formation professionnelle à l’échelle régionale et internationale.
Le ministre a précisé, dans une déclaration à l’agence TAP, que la nouvelle approche adoptée par l’État repose sur l’adéquation entre les parcours de formation et les besoins du secteur productif, à travers un dispositif prospectif capable d’anticiper avec précision les besoins du marché du travail.
Il a expliqué que ce processus de réforme est basé sur l’identification des besoins des secteurs économiques, la révision des programmes pédagogiques et des méthodes d’enseignement, puis l’adaptation des résultats de la formation aux exigences de l’emploi.
Dans ce contexte, il a souligné que la mise en place du RNCCFP constitue l’un des principaux axes de la réforme.
“Cet outil de référence permettra de mieux organiser et rationaliser les spécialités de formation, dans un système qui compte actuellement plus de 500 spécialités professionnelles”, a-t-il dit estimant qu’il s’agit d’une restructuration nécessaire pour améliorer la visibilité des certificats et renforcer l’employabilité des diplômés.
Le ministre a indiqué que cette étape sera suivie par la création d’une plateforme numérique nationale destinée à faciliter la reconnaissance mutuelle des certificats, à accroître la transparence du système et à améliorer la mobilité des titulaires de diplômes en Tunisie et à l’étranger, notamment face aux difficultés liées à la reconnaissance internationale des qualifications.
Il a, par ailleurs, souligné que cette réforme vise à aligner les certificats tunisiens sur les standards internationaux, afin de renforcer les perspectives d’insertion des compétences tunisiennes sur les marchés de l’emploi national et international et d’élargir les opportunités de recrutement auprès des entreprises tunisiennes et étrangères.
Selon Chaoued, cette réforme vise à réduire le chômage, à favoriser l’insertion professionnelle et à garantir que les certificats tunisiens bénéficient d’une reconnaissance nationale et internationale, ouvrant ainsi de réelles perspectives d’avenir à leurs titulaires, tant en Tunisie qu’à l’étranger.


