Un atelier de sensibilisation sur le label « Halal » s’est tenu mardi à Tunis, offrant aux industriels tunisiens l’opportunité d’échanger avec des experts de l’Institut de Normalisation et de Métrologie pour les Pays Islamiques (INMPI) autour des défis liés à la certification et des perspectives d’exportation vers les marchés internationaux.
Organisée à l’occasion de la visite officielle du secrétaire général de l’INMPI, Ihsan Ovüt, cette rencontre s’inscrit dans le cadre du renforcement de la coopération technique avec l’Institut National de la Normalisation et de la Propriété Industrielle (INNORPI), notamment en matière d’infrastructure qualité du secteur halal.
S’exprimant à l’ouverture de l’atelier, le directeur général de l’INNORPI, Nafaa Boutiti, a mis en avant le poids du marché mondial du halal, rappelant qu’il existe environ 2 milliards de musulmans dans le monde, soit près de 25 à 26 % de la population mondiale, constituant ainsi le deuxième groupe religieux le plus important et à la croissance la plus rapide.
Il a ajouté que les dépenses des consommateurs dans les secteurs halal atteignent environ 2 400 milliards de dollars, avec des projections pouvant atteindre 3 100 milliards de dollars d’ici fin 2027, ce qui illustre l’ampleur des opportunités offertes aux entreprises tunisiennes à l’export.
Selon lui, le concept de « halal » ne se limite plus aux produits alimentaires, mais s’étend désormais à plusieurs secteurs, notamment les cosmétiques, les produits pharmaceutiques, le tourisme, l’hôtellerie et même l’habillement, tout en reposant sur des exigences de qualité, de sécurité et de pureté.
Il a également rappelé que la Tunisie membre fondateur de l’INMPI depuis 2010, participe activement à ses instances et a assuré récemment la présidence du conseil d’administration.
Dans ce contexte, Boutiti a indiqué que l’INMPI envisage de mobiliser les compétences tunisiennes en matière de formation, notamment au profit de partenaires africains et d’Europe de l’Est.
De son côté, Ihsan Ovüt a souligné l’importance stratégique de la Tunisie pour son organisation, en particulier en Afrique du Nord, évoquant les perspectives de coopération future à travers des programmes conjoints de renforcement des capacités, des partenariats avec les structures locales et un appui aux domaines de la production et de la conformité.
Il a mis l’accent sur la nécessité de passer à une mise en œuvre concrète des normes halal au sein des entreprises, rappelant que celles-ci s’inscrivent dans le cadre d’un système intégré allant de l’élaboration des standards à leur reconnaissance sur les marchés.
Selon lui, le principal défi réside dans la multiplicité des exigences techniques selon les marchés, la répétition des audits et des tests ainsi que la diversité des procédures d’évaluation, constituant autant d’obstacles techniques au commerce.
Dans ce cadre, il a plaidé pour une harmonisation des normes fondée sur le principe « une norme, un test, un certificat, une reconnaissance », en cohérence avec les règles de l’Organisation mondiale du commerce, afin de faciliter l’accès aux marchés internationaux.
Le Secrétaire général de INMPI, Ihsan Ovut, avait été reçu, lundi, par la ministre de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, Fatma Thabet Chiboub.
Lors de cette rencontre, le responsable a exprimé la disponibilité de son organisation à soutenir la Tunisie en matière de concrétisation de ses projets connexes, assurant que la Tunisie constitue « un modèle réussi en matière de respect des normes internationales ».
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