
Au centre de ce débat auquel ont participé des représentants de la société civile, des collectivités locales, le secteur privé, et les médias, les fameuses Contributions déterminées au niveau national (CDN 3.0).
Les CDN 3.0, de quoi s’agit il ?
Ces dernières incarnent les efforts déployés par chaque pays pour réduire ses émissions nationales et s’adapter aux effets du changement climatique. L’Accord de Paris 2015 exige que chaque Partie établisse, communique et actualise les contributions déterminées au niveau national successives qu’elle prévoit de réaliser. Les Parties doivent également prendre des mesures internes pour l’atténuation en vue de réaliser les objectifs de ces contributions.
Les nouveautés
C’est dans cette perspective que réside la principale nouveauté du forum de Gammarth. Les participants ont proposé de porter la réduction de l’intensité carbone de son économie de 46,4%, en 2030 et de 62% en 2035, ce qui marque un saut ambitieux comparé à la CDN 2021, qui tablait sur une baisse globale de 45 % à l’horizon 2030.
Objectif : accompagner la mise en œuvre territoriale de la CDN 3.0 et renforcer la mobilisation, le partage d’expériences et le plaidoyer en faveur de l’adaptation aux changements climatiques.
Autre nouveauté proposée par le débat de Gammarth sur les CDN 3.0, l’extension du nombre des secteurs ciblés. La nouvelle Contribution a identifié des cibles chiffrées d’adaptation au niveau de sept domaines thématiques, en l’occurrence : les ressources en eau et l’assainissement, l’agriculture, la pêche et la sécurité alimentaire, la santé et les services de santé, les écosystèmes et la biodiversité, les infrastructures et les établissements humains, le patrimoine culturel et les savoirs traditionnels et les moyens de subsistance.
Au nombre des domaines ciblés figurent également le transfert technologique et l’accompagnement des groupes spécifiques.
Le financement révisé à la hausse
Au rayon du financement, le forum de Gammarth a révisé à la hausse les projections de 2021. Selon les données fournies au cours de ce séminaire, la mise en œuvre de la CDN 3.0 nécessitera une mobilisation de ressources financières dans les domaines de l’atténuation et de l’adaptation de l’ordre de 55 milliards de dollars américains (USD) sur la période 2026-2035 (soit environ 161,29 milliards de dinars) réparties entre atténuation (47%) et adaptation (53%).
Il s’agit d’une évolution significative en comparaison avec les projections de la CDN 3.0 précédente de 2021. Celle-ci évaluait les besoins à près de 19,4 milliards de dollars pour 2021–2030 et à 28, 220 milliards de dollars d’ici 2035, le financement total nécessaire prévu, y compris les besoins en matière de renforcement des capacités, de transfert de technologies et de soutien (domaines complémentaires et transversaux).
Par delà ces éclairages, nous pensons que la Tunisie a montré, à travers ces nouvelles ambitions révisées à la hausse, un engagement ferme à contribuer aux efforts mondiaux dans le domaine de l’atténuation des émissions GES, et ce, en dépit de sa faible contribution aux émissions mondiales des gaz à effet de serre (GES).
Abou SARRA
EN BREF
- Échéance clé : Réunion du FNACC le 17 mai 2026 à Gammarth en amont de la Journée de l’environnement du 5 juin.
- Ambition carbone : Relèvement de la cible de réduction de l’intensité carbone à 46,4 % en 2030 et 62 % en 2035 (contre 45 % prévus en 2021).
- Périmètre étendu : Intégration de 7 secteurs thématiques prioritaires dont l’eau, la sécurité alimentaire, la santé et le patrimoine.
- Sursaut budgétaire : Réévaluation globale des besoins financiers à 55 milliards USD sur 2026-2035 (dont 53 % dédiés à l’adaptation).
- Évolution financière : Le nouveau budget double presque les prévisions de 2021 qui plafonnaient à 28,2 milliards USD pour 2035.


