La perception du climat des affaires par les dirigeants d’entreprises est globalement défavorable.
Cette tendance est largement partagée, avec une exception notable pour les entreprises opérant sous le régime Off-shore, dont les dirigeants semblent percevoir plus positivement la qualité de l’environnement des affaires, constate une enquête récemment publiée par l’ITCEQ.
Le diagnostic est sans appel : la Tunisie fait face à une urgence d’agir pour enrayer la dégradation progressive de son climat des affaires. Cette tendance, confirmée à la fois par les données internationales que par la perception directe des entrepreneurs, est le symptôme de faiblesses structurelles profondes qui, si elles ne sont pas traitées avec rigueur, risqueraient d’éroder les fondations mêmes de sa base économique.
Intitulée “Analyse du climat des affaires en Tunisie : renouveau méthodologique et leviers d’action prioritaires”, cette enquête montre également que le climat des affaires n’agit pas isolément, mais au sein d’un système spatio-temporel intégré, où les interactions entre pays et la mémoire économique jouent un rôle essentiel. La performance d’un pays est donc influencée non seulement par ses propres réformes, mais aussi par la dynamique de son environnement régional.
L’amélioration du climat des affaires constitue ainsi un impératif stratégique pour la Tunisie, afin de catalyser l’investissement privé national et étranger, soutenir la croissance et stimuler la création d’emplois. Identifier et prioriser les domaines d’intervention s’avère non seulement une condition sine qua non à la promotion de l’investissement, mais aussi et surtout une nécessité pour permettre de hisser la qualité du climat des affaires au niveau des meilleures pratiques internationales dans un environnement de plus en plus concurrentiel.
Les leviers d’action identifiés, dans le cadre de cette enquête qui repose sur une analyse des perceptions directes des chefs d’entreprise, s’articulent autour de trois piliers interdépendants : la stabilité institutionnelle, le renforcement de la bonne gouvernance et la modernisation du dispositif d’appui aux entreprises et son alignement sur l’économie de la connaissance.
Ces piliers sont les fondations nécessaires pour construire un environnement stable et prévisible, capable de restaurer la confiance, faire repartir l’initiative privée, libérer le potentiel sous-jacent et remettre le pays sur une trajectoire de compétitivité durable. A cette fin, il faut écouter en poursuivant le dialogue public-privé, approfondir les analyses pour comprendre et éclairer la prise de décision pour agir vite et fort.


