Sika : une proposition sans Saint-Gobain, “pas acceptable” pour les héritiers

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Logo de Saint-Gobain (Photo : Eric Piermont)

[20/04/2015 11:58:27] Zurich (AFP) La société de holding qui représente les héritiers du fondateur de Sika, le groupe suisse de chimie de spécialités dont Saint-Gobain veut prendre le contrôle, a estimé lundi qu’une contre-proposition qui n’inclurait pas le groupe français ne serait “pas acceptable”.

“Une proposition dans laquelle Saint-Gobain ne fait pas partie de la solution n’est pas acceptable”, a déclaré Andreas Durisch, le porte-parole de la société de holding Schenker-Winkler (SWH), lors d’un entretien téléphonique avec l’AFP.

Les membres de la famille continuent de considérer Saint-Gobain comme “un successeur idéal”, a-t-il ajouté.

“Ils ont signé un accord qui est valide”, a-t-il insisté.

Les héritiers du fondateur de Sika et les dirigeants de l’entreprise s’affrontent depuis début décembre 2014 autour de l’offre faite par Saint-Gobain pour racheter leurs parts.

Le groupe français de matériaux de construction avait alors proposé 2,75 milliards de francs suisses (2,6 milliards d’euros) à cinq héritiers du fondateur pour reprendre leur participation, qui se monte à 16,1% du capital, mais représente 52,4% des droits de vote, ce qui lui permettait ainsi de prendre le contrôle de la société sans avoir à lancer d’offre publique d’achat.

Les dirigeants de Sika, ainsi qu’une partie du conseil d’administration, s’étaient fermement opposés à cette transaction sur laquelle ils n’avaient pas été consultés, avant d’organiser la riposte avec l’appui d’actionnaires minoritaires, dont la fondation Bill & Melinda Gates.

Lors de l’assemblée générale du groupe qui s’est tenue la semaine dernière, Paul Hälg, le président de Sika, avait indiqué que des membres du conseil d’administration avaient entre autres proposé une alternative, précisant cependant que les héritiers n’avaient pas souhaité en discuter avec eux.

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älg, le président de Sika, pendant une conférence de presse le 14 avril 2015 à Baar, dans le centre de la Suisse (Photo : FABRICE COFFRINI)

Dans un article publié dimanche, l’hebdomadaire suisse SonntagsZeitung a affirmé que l’offre faite par la direction s’élevait à 2,25 milliards de francs suisses, se référant à “deux sources bien informées” sans les nommer.

Contacté par l’AFP, le porte-parole de Sika a confirmé la démarche sans toutefois confirmer le montant.

Pour l’heure, la société de holding n’a pas reçu d’offre ferme, a toutefois affirmé le porte-parole de SWH.

“Ils ont annoncé que peut-être ils viendraient avec une proposition alternative”, a-t-il souligné, insistant sur le fait que la famille n’avait à ce jour pas reçu d’offre “concrète”.

A 11H16 GMT, le titre Sika s’appréciait de 1,40% à 3.394 francs suisses alors que le SPI, l’indice élargi des valeurs de la place suisse, gagnait 0,65%.

Une solution pour mettre fin à cette bataille autour de la prise de contrôle “serait une bonne nouvelle pour les actionnaires, les employés de Sika et son activité”, a estimé dans une note Christian Arnold, analyste chez Vontobel.

“Malheureusement, il y a un contrat valide entre la famille et Saint-Gobain. La famille devrait non seulement accepter une offre inférieure mais aussi très probablement faire face à une bataille juridique avec Saint-Gobain ou à une pénalité”, a-t-il commenté.