AirAsia : le crash met en lumière les dangers de l’espace aérien surchargé en Asie

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é en mer de Java inspecté par des enquêteurs le 10 janvier 2015

[19/01/2015 09:46:19] Jakarta (AFP) L’accident de l’avion d’AirAsia qui s’est abîmé en Indonésie fin décembre met en lumière l’utilisation de systèmes de radars inadaptés et le manque de personnel expérimenté pour gérer un espace aérien très encombré en Asie du Sud-Est, estiment des analystes.

Le pilote de l’Airbus A320-200 parti de la ville indonésienne de Surabaya pour Singapour avec 162 personnes à son bord (vol QZ8501) avait demandé à prendre de l’altitude, afin d’éviter des nuages très menaçants. Mais il n’avait pas obtenu satisfaction immédiatement, et l’appareil s’est écrasé peu après en mer de Java.

Cinquante et un corps ont été repêchés jusqu’ici ainsi que les boîtes noires de l’appareil contenant les paramètres de vol, dont l’analyse devrait permettre d’établir les causes de la catastrophe.

Ces dernières années, les compagnies aériennes indonésiennes se sont développées rapidement, avec des taux de croissance parmi les plus élevés en Asie du Sud-Est, favorisés par des économies robustes et l’émergence de classes moyennes.

Alors que la plupart des compagnies ont effectué d’importants progrès en matière de sécurité, des infrastructures inadaptées et le manque de personnel bien formé face à un trafic en constante augmentation restent des sujets de préoccupation, soulignent des experts.

Si les compagnies en Malaisie et à Singapour s’adaptent, ceio n’est pas le cas d’autres, en particulier en Indonésie, estiment l’analyste Suhkor Yusof: “elles doivent vraiment multiplier les efforts pour développer les compétences pour gérer cela”, dit-il en citant la formation des personnels, les infrastructures et toute l’attention requise par les problèmes de sécurité.

D’autres experts doutent que le système de contrôle aérien puisse s’adapter à l’augmentation du trafic aérien, même s’il n’y a pour le moment aucune indication qu’il s’agit de la cause de l’accident de l’avion d’AirAsia qui empruntait un couloir de vol très fréquenté avant de s’abîmer en mer.

– Manque de formation des pilotes –

“La véritable question, c’est le professionnalisme des contrôleurs aériens”, explique Greg Waldron, rédacteur en chef de Flightglobal, publication de l’industrie aéronautique.

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éroport international de Kuala Lumpur KLIA2, le 10 janvier 2015, à Sepang, en Malaisie (Photo : Mohd Rasfan)

La pression sur le contrôle aérien a contribué au crash en mai 2012 d’un avion de ligne russe Sukhoï dans une montagne sur l’île de Java, la plus peuplée d’Indonésie, tuant ses 45 occupants.

Bien qu’une grande part de responsabilité de l’accident ait été attribuée au pilote pour avoir ignoré les avertissements du système d’alerte de l’avion, le contrôleur aérien de permanence à Jakarta devait communiquer avec 14 appareils en même temps, selon un rapport d’enquête.

De plus, des installations radars inadaptées n’ont pas alerté le pilote pour lui indiquer qu’il volait trop bas, comme cela aurait dû être le cas.

Le manque d’attention aux problèmes de sécurité dans la région a également été pointé du doigt à l’occasion d’un incident provoqué par le contrôle aérien l’an passé au Vietnam. Deux avions avaient manqué de peu d’entrer en collision dans l’un des aéroports de Danang, au moment où la gestion d’une piste encombrée avait été confiée à un jeune stagiaire.

Autre difficulté, le manque de formation des pilotes, alors que les compagnies se développent rapidement, à l’image de la compagnie indonésienne à bas coût Lion Air.

Si le commandant de bord de l’avion d’AirAsia (vol QZ8501) était très expérimenté et avait piloté aussi des avions militaires, le manque de formation des pilotes a été mis en cause pour d’autres accidents.

Ce fut notamment le cas d’un pilote de Lion Air qui a raté l’an passé la piste d’atterrissage de l’aéroport de Denpasar à Bali. L’avion s’est écrasé en mer et brisé en deux, mais tous les 108 passagers et membres d’équipage ont survécu.

Malgré les sujets d’inquiétudes, des experts soulignent cependant que la sécurité des compagnies aériennes en Indonésie s’est beaucoup améliorée au cours des dernières années, après une série d’accidents mortels. Si toutes les compagnies de l’archipel étaient interdites dans l’Union européenne en 2007, elles ne sont plus qu’un petit nombre maintenant.