Mory Ducros : les salariés informés des repreneurs

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és de Mory Ducros manifestent devant le tribunal de commerce de Pontoise, le 26 novembre 2013 (Photo : Martin Bureau)

[09/01/2014 05:24:40] Paris (AFP) Les 5.000 salariés du transporteur de colis Mory Ducros, en redressement judiciaire, doivent être informés jeudi des propositions de reprise de leur groupe, l’offre la plus large étant celle de l’actuel actionnaire majoritaire qui reprendrait moins de 2.000 employés, selon les syndicats.

Ces offres, qui devraient être au nombre de quatre, seront communiquées aux représentants du personnel au cours d’un comité d’entreprise (CE), prévu dans la matinée, tandis que les organisations syndicales seront informées dans l’après-midi.

Parmi les offres déposées vendredi auprès du tribunal de commerce de Pontoise (Val-d’Oise), une a été confirmée officiellement, celle d’Arcole Industries, principal actionnaire de l’entreprise. Il propose “la reprise d’un réseau sur un périmètre national et la sauvegarde d’un nombre significatif d’emplois”.

Cette offre “aura un volume d?emploi inférieur à 2.000 salariés sur les 5.000 de l?entreprise, sans compter les 2.000 salariés issus de la sous-traitance qui ne font pas partie de l?offre d?Arcole Industrie”, a indiqué mercredi la fédération CFDT des transports, premier syndicat dans l’entreprise.

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ôt du transporteur de colis Mory Ducros, à Tatinghem le 27 novembre 2013 (Photo : Philippe Huguen)

Selon FO, joint par l’AFP, Arcole proposerait de reprendre 43 agences sur 85, soit 1.900 emplois au total.

Si les offres complémentaires portent sur des agences différentes de celles que propose de reprendre Arcole, davantage d’emplois pourraient être préservés, selon la CFDT.

Le syndicat souligne qu’il “examinera si les trois offres partielles pourraient être complémentaires de l?offre globale permettant d?améliorer ainsi le nombre d?emplois sauvegardés”.

Patrice Clos, secrétaire général de la Fédération FO-UNCP Transports, se montre plus réservé sur l’éventuel caractère complémentaire de ces offres partielles. “Si c’est pour découper Mory Ducros, je ne sais pas la viabilité de la chose”, a-t-il affirmé. “Mory Ducros n’est viable que s’il a un réseau sur le territoire.”

Une reprise par l’actuel actionnaire, “un souci”

“Est-ce que le juge va accepter que la société qui a déposé le bilan reprenne, c’est un autre souci”, selon lui. “Nous, on acceptera la solution la meilleure pour les salariés. Maintenant, est-ce qu’on a confiance en Arcole pour la reprise? La réponse est non”, a-t-il déclaré.

Pour la CFDT, en tant qu’actionnaire majoritaire du groupe, Arcole Industries doit faire une offre “la plus sécurisante possible pour les salariés et les clients” afin que ces derniers ne partent pas chez la concurrence. “On demande que cette offre assure la pérennité de l’activité économique et la pérennité des emplois qui en dépendront”, a précisé Fabien Tosolini, secrétaire national CFDT transports.

Les pouvoirs publics ont indiqué qu'”ils soutiendront les offres dont l’envergure est nationale” par le biais de “financements complémentaires”, a rappelé Arcole Industries, spécialisé dans la reprise de sociétés en difficulté.

De plus, selon le gouvernement, “l’Etat entend mettre en oeuvre, en lien avec les partenaires communautaires, un dispositif spécifique exceptionnel pour permettre à chacun des salariés dont l’emploi serait supprimé au terme de cette procédure de retrouver un emploi au plus vite”.

Une fois communiquées aux instances représentatives du personnel, les offres de reprise seront soumises à une période dite d’amélioration qui permet aux repreneurs de modifier au mieux leurs propositions. Puis, le 31 janvier, le tribunal de commerce devra rendre sa décision. Il a assorti son placement en redressement judiciaire d’une période d’observation de six mois.

Numéro deux français du transport de colis, Mory Ducros a perdu 79,5 millions d’euros lors de son dernier exercice, qui a duré exceptionnellement seize mois et s’est achevé le 31 décembre 2012, pour un chiffre d’affaires de 765,5 millions.

Sa dette d’exploitation s’élève à 202,7 millions d’euros mais le groupe dispose d’une trésorerie positive de 65 millions d’euros et 140 millions de créances clients, soit un encours positif de 205 millions d’euros qui compense la dette d’exploitation, selon la direction de Mory Ducros.