Canal de Panama : menaces sur le gigantesque chantier

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ût 2013 (Photo : Rodrigo Arangua)

[02/01/2014 17:15:08] Madrid (AFP) Le consortium international chargé des gigantesques travaux d’agrandissement du Canal de Panama, par où transite 5 % du commerce maritime mondial, menaçait jeudi d’interrompre le chantier, réclamant un paiement supplémentaire de 1,6 milliard de dollars.

Ainsi l’année du centenaire de cette route maritime interocéanique de 80 kilomètres, débute sous le signe de la discorde. La dispute entre constructeurs et responsables du canal menace la bonne marche d’un chantier pharaonique qui devrait à terme “bouleverser l’industrie maritime internationale”, selon le président du Panama Ricardo Martinelli.

Le constructeur espagnol Sacyr, qui dirige le consortium GUPC chargé des travaux d’élargissement, a indiqué jeudi qu’il “procéderait à la suspension des travaux” si l’Autorité du canal de Panama (ACP) ne paye pas, sous trois semaines, la somme de 1,6 milliard de dollars (environ 1,2 milliard d’euros) pour couvrir “les surcoûts” survenus sur le chantier.

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écluses pour le canal de Panama au port de Colon, le 20 août 2013 (Photo : Rodrigo Arangua)

GUPC, formé également par la firme italienne Impregilo, la belge Jan de Nul et la panaméenne Constructora Urbana, avait dénoncé dès mercredi “les graves problèmes financiers qui affectent le projet”, attribuant leur “responsabilité” à l’ACP et expliquant lui avoir fixé un ultimatum de 21 jours pour les régler.

L’administrateur du canal, Jorge Quijano, a rejeté la demande, affirmant qu’elle était “destinée uniquement à nous forcer à négocier hors des termes du contrat”.

Sacyr est donc revenu à la charge jeudi, en dénonçant des “manquements graves” au contrat de la part de l’ACP.

Le surcoût est considérable au vu du montant total, de 3,2 milliards de dollars, du contrat remporté avec grand bruit en 2009 par le consortium. Une somme astronomique que GUPC attribue notamment à l”‘inexactitude de l’information fournie au consortium” par l’ACP.

“Il s’agit de coûts imprévus, qui sont apparus, très nombreux et variés, au cours de ces travaux gigantesques”, a expliqué à l’AFP un porte-parole de Sacyr. “Il s’agit de sujets techniques, de composantes du ciment, de questions géotechniques, géologiques, d’impôts, de taxes, de questions économiques, en relation avec les employés, de questions climatologiques”, a-t-il énuméré.

Aux accusations parues dans la presse et attribuées à certains des concurrents du consortium, candidats déçus en 2009, qui soupçonneraient Sacyr d’avoir présenté une offre trop basse en espérant renégocier plus tard le contrat, son porte-parole répondait jeudi que le budget de l’ACP était en ligne avec la proposition du consortium.

Le montant global du chantier devait s’élever à 5,2 milliards de dollars.

Passant notamment par le percement d’une troisième voie d’eau, l’élévation du niveau du lac Gatun, l’élargissement des voies d’accès, le creusement du lit du canal et la construction de nouvelles écluses sur trois niveaux, le projet vise à permettre le passage de navires transportant jusqu’à 12.000 conteneurs, le triple de la charge actuelle.

La fin des travaux, d’abord prévue pour octobre 2014 afin de coïncider avec le centenaire du canal, a été reportée à 2015 après un premier désaccord survenu dès le début du chantier entre l’ACP et GPUC sur la qualité du ciment utilisé. Le consortium avait accepté d’en changer mais lui réclamait en échange une compensation de 573 millions de dollars (environ 465 millions d’euros).

La menace de la suspension est mal passée jeudi sur les marchés, le titre de Sacyr ayant plongé de plus de 18% à l’ouverture et a finalement clôturé en chute de 8,95%.

Le groupe insistait jeudi sur sa volonté de négocier.

“Nous voulons parvenir à un accord juste qui permette de poursuivre les travaux au moindre coût possible et dans le délai le plus court possible”, affirmait son porte-parole, ajoutant penser “que ceci est également l’objectif” de l’ACP.