Le taux d’effort pour se loger continue d’augmenter pour les ménages modestes

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Un immeuble, dans la banlieue de Paris (Photo : Alexander Klein)

[15/03/2012 23:05:11] PARIS (AFP) Le taux d’effort pour se loger, c’est à dire le pourcentage des dépenses dans ce secteur par rapport aux revenus, continue d’agumenter pour les ménages les plus modestes et pour les locataires du parc privé, selon une étude de l’Insee publiée vendredi.

De 1996 à 2010, l’augmentation la plus sensible de ce taux d’effort concerne les ménages les plus modestes (+2,8 points entre 1996 et 2006 et +0,6 point entre 2008 et 2010) et les locataires du secteur privé (+3,1 points de 1996 à 2006 et +1,0 point de 2008 à 2010), selon l’Institut national de la statistique et des études économiques.

Ainsi un locataire du parc privé sur cinq dépense plus de 40% de ses revenus pour se loger.

Par contre les loyers maîtrisés du parc HLM et les aides personnelles au logement on limité l’évolution du taux d’effort des locataires du secteur social (+1,0 point de 1996 à 2006 puis -0,3 point de 2008 à 2010), selon cette étude intitulée “la part du logement dans le budget des ménages en 2010”.

De plus, en 15 ans, le profit des locataires s’est modifié: cette catégorie s’est progressivement vidée des ménages aux ressources suffisantes pour accéder à la propriété, les deux tiers des locataires étant désormais des ménages modestes.

Dans le même temps, la part des locataires au sein des ménages aisés a régulièrement diminuée, chutant de 28% en 1996 à 19% en 2010.

Premier poste de dépenses

Le logement reste le premier poste des ménages devant l’alimentation et les transports. En 2010, en métropole, un ménage sur deux consacrait au moins 18,5% de ses revenus pour se loger.

Ces dépenses concernent, pour les propriétaires, les remboursements d’emprunt, les gros travaux, la taxe foncière, et les charges de copropriété. Pour les locataires, elles comprennent les loyers et les charges. Pour tous viennent s’ajouter la taxe d’habitation, les dépenses d’eau et d’énergie mais les aides personnelles au logement viennent en déduction.

Entre 2005 et 2010, les dépenses des ménages dans ce secteur ont, avant déduction des aides éventuelles, augmenté de 17%, soit 4 points de plus que le niveau de vie moyen. La progression est bien plus marquée pour les accédants à la propriété (+26%) dans un contexte d’envolée des prix de vente de l’immobilier.

Les conditions de logement continuent de s’améliorer, presque tous les ménages disposant désormais du confort sanitaire de base, mais cette tendance est moins marquée pour les ménages modestes, indique l’Insee dans une autre étude consacrée à ce sujet.

En 2010, seulement 1,4% des logements ne disposait pas d’un des trois éléments suivants: eau chaude courante, baignoire ou douche, wc intérieur contre 2,1% en 2005 et 15,7% en 1984.

La quasi-totalité (95%) possédiaent, en métropole, un système de chauffage central ou électrique. Les 5% de logmements restants, dont la moitié sont antérieurs à 1949, avaient des appareils de chauffage indépendants (poêles de chauffage, cuisinière chauffante, cheminée) ou pas de chauffage du tout.

La surface moyenne par personne était de 41m2 en 2010, celle-ci ayant peu progressé par rapport aux 20 années ayant précédé 2005. Mais les personnes seules ont en moyenne deux fois plus d’espace que celles qui cohabitent (73 m2 contre 36m2). Le surpeuplement recule sauf pour les ménages modestes.

A Paris toutefois il concerne 16% des ménages et même 44% pour le plus faible quartile de niveau de vie.