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| ésident de la Commission européenne José Manuel Barroso le 28 septembre 2011 au Parlement européen de Strasbourg (Photo : Patrick Hertzog) |
[28/09/2011 09:31:22] STRASBOURG (Parlement européen) (AFP) Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a rejeté de facto mercredi la proposition franco-allemande de gouvernement de la zone euro, piloté par les Etats, en estimant que cette fonction revenait à ses services.
“La Commission (européenne) est le gouvernement économique de l’Union, pour cela nous n’avons assurément pas besoin de davantage d’institutions”, a-t-il déclaré devant le Parlement européen à Strasbourg.
En août, le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel avaient proposé la constitution d’un “gouvernement économique” de la zone euro pour aider au pilotage des politiques nationales.
Ils ont proposé que le président de l’Union européenne, Herman Van Rompuy, en prenne la tête. Ce qui est mal perçu par la Commission. L’exécutif européen a le sentiment d’être marginalisé par ce projet.
Pour gérer les affaires économiques européennes, “nous avons besoin plus que jamais de l’autorité indépendante de la Commission. Les gouvernements ne peuvent le faire seuls. Pas plus que cela peut être réalisé par des négociations entre gouvernements”, a martelé M. Barroso.
La France et l’Allemagne souhaitent que M. Van Rompuy, qui préside déjà les sommets des chefs d’Etat et de gouvernement des 27 pays de l’Union européenne, préside également ceux des dirigeants des 17 pays de la zone euro, dont les réunions seraient pérennisées à raison de deux fois par an.
Il est aussi prévu que cette présidence de la zone euro soit dotée d’une forme de secrétariat permanent. En outre, M. Van Rompuy pourrait aussi assumer en même temps la présidence du forum des ministres des Finances de l’Union monétaire, actuellement assurée par le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, ce dernier devant a priori s’effacer en juin 2012.
Dans un tel scénario, M. Van Rompuy, un ancien Premier ministre belge porté à la présidence du Conseil européen grâce aux soutien de la France et de l’Allemagne, deviendrait une sorte de “Monsieur euro”.
La Commission voit cette évolution d’un mauvais oeil. Et les relations entre M. Barroso et Mme Merkel en particulier ne sont pas au beau fixe, Berlin se plaignant régulièrement en privé de l’exécutif européen.
“Si l’Allemagne ou la France cherchent à promouvoir M. Van Rompuy aux dépens de M. Barroso, c’est parce que la président de la Commission n’est pas la marionnette des Etats, contrairement au portrait qui est parfois fait de lui, et qu’il résiste justement aux capitales”, assure un membre de son entourage.
La Commission plaide elle pour qu’un commissaire européen prenne la présidence de l’Eurogroupe des ministres.
Bruxelles est soutenue sur ce point par de nombreux parlementaires européens, partisans de la “méthode communautaire” dans l’UE par opposition à la méthode “inter-gouvernementale”, mais aussi des “petits pays” comme les Pays-Bas qui redoutent la main mise des “grands” sur la conduite des affaires économiques de l’Union monétaire.



