La console de jeu, une arme contre le stress post-traumatique des soldats américains

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éricain, le 5 novembre 2010 au Texas (Photo : Ben Sklar)

[28/01/2011 11:14:19] WASHINGTON (AFP) Le traitement du syndrome de stress post-traumatique (PTSD) chez les soldats américains s’est enrichi d’une nouvelle méthode mieux adaptée aux jeunes générations: les jeux vidéo de réalité virtuelle qui simulent des scènes de guerre irakiennes ou afghanes.

Le jeu thérapeutique Virtual Iraq ou Virtual Afghanistan est une adaptation du jeu de simulation Full Spectrum Warrior sur la console Xbox, financé en partie par l’armée américaine.

Les soldats s’immergent dans des zones de combat grâce à des écrans montés sur lunettes et se retrouvent ainsi dans les mêmes conditions que pendant leur déploiement, décrit le responsable du projet, Albert Rizzo, chercheur à l’Université de Californie du Sud.

“Au premier abord, cela semble contre-intuitif. Pourquoi remettre quelqu’un dans une situation où le but est de l’angoisser un peu et de lui faire revivre des expériences traumatiques?”, lance-t-il.

Mais les chercheurs ont découvert qu’en augmentant progressivement le niveau de stress d’un patient jusqu’à un niveau modéré tout en l’encourageant à verbaliser son expérience traumatique, ils parvenaient à réduire les symptômes de stress.

Ces symptômes prennent la forme de cauchemars, de souvenirs récurrents, d’une neutralisation des émotions ou de l’évitement de lieux qui rappellent certains événements. Les soldats souffrent aussi souvent d’hyper-vigilance, un mécanisme de protection vital en zone de guerre mais handicapant dans la vie quotidienne.

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” (Photo : Franck Fife)

Les lunettes détectent les mouvements de la tête et mettent à jour en temps réel les images projetées, donnant au patient l’impression qu’il se déplace dans un village afghan ou irakien.

Les tremblements d’un char, les explosions de bombe font vibrer le casque et un mécanisme émet des odeurs de fumée, de poudre, de pneus en feu ou d’essence pour compléter l’illusion.

La méthode a les mêmes objectifs que les thérapies traditionnelles, où les patients devaient exprimer “par l’imagination les choses dont ils avaient peur ou qui les ont traumatisés”, explique Albert Rizzo.

Mais il y a des “gens qui n’arrivent pas bien à visualiser les choses, et on sait que l’un des symptômes de PTSD est le refus”, la fuite, détaille le médecin.

Le traitement d’un trouble mental par jeu vidéo se révèle aussi moins intimidant pour des jeunes adultes de la génération des consoles.

20 à 30% des soldats de retour d’Irak ou d’Afghanistan souffrent de troubles post-traumatiques, selon des chiffres officiels de l’armée américaine.

Le syndrome serait à l’origine de nombreux suicides d’anciens combattants. Selon le Pentagone, 309 soldats se sont donné la mort en 2010, contre 267 en 2008.

Le traitement par réalité virtuelle est toujours en phase d’expérimentation et d’autres études évaluent le simulateur comme un outil de diagnostic de PTSD.

Selon une autre étude, 16 des 20 soldats ayant utilisé le simulateur mis au point par Albert Rizzo ne souffraient plus de troubles post-traumatiques à l’issue du traitement.