Hortefeux va porter plainte contre un site internet accusé d’être “antiflic”

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ère Eric Le Douaron (G), le 23 décembre 2010 à Grenoble (Photo : Jean-Pierre Clatot)

[23/12/2010 13:58:21] GRENOBLE (AFP) Le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux a annoncé jeudi à Grenoble qu’il allait porter plainte contre le site paris.indymedia.org, auquel les syndicats reprochent d’être “antiflics” avec sa publication de photos de policiers en civil permettant de les identifier.

“J’ai décidé de porter plainte contre le site internet dont les auteurs ont fait le choix délibéré de publier des photographies de policiers en civil, de les filmer et de les identifier”, a déclaré le ministre lors d’une visite à Grenoble.

“Ces procédés sont totalement inacceptables et irresponsables. Les propos tenus sur ce site sont injurieux et indignes et il n’était pas question de laisser faire”, a ajouté le ministre.

Le ministère a précisé que le dépôt de plainte pourrait avoir lieu dès la semaine prochaine.

Des photos de policiers en civil ainsi que des films ont été publiés sur ce site qui en utilisant notamment leurs pages Facebook permet de les identifier. Le site avait provoqué la colère des syndicats de police qui réclamaient une action du ministre de l’Intérieur.

Depuis quatre jours, le site propose aux internautes d’identifier, de photographier et de filmer “chaque flic en civil”, le tout “pour que l’insécurité gagne leur camp”.

“Nous identifierons un à un ces déchets”, promet ce site, qui compare la police française avec la Milice de l’Occupation pendant la Seconde Guerre mondiale.

Ce site s’inspire d’un concept né aux Etats-Unis dans les années 1980 afin de lutter contre les violences policières appelé +copwatch+, où des patrouilles de citoyens filment ou photographient les interventions policières qui sont ensuite diffusés sur internet.

Par ailleurs, certains policiers, par leur fonction – comme ceux appartenant au RAID ou à la DNAT – sont protégés et divulguer leur identité “constitue une infraction pénale”, selon une source proche de la direction de la Préfecture de Police de Paris.

“Dans la mesure où ils publient les identités et les photos de policiers en civil, et où ils dénigrent la fonction, ils sont passibles de poursuites pour diffamation et atteinte au droit à l’image”, selon l’avocate Anne-Laure Compoint.

Mais le fait de diffuser des photos de policiers sur la voie publique “n’est pas répréhensible”, ajoute-t-elle, estimant qu’il existe “un flou juridique” sur cette question.