Déliés d’initiés : le numéro deux d’Airbus “confiant” face au gendarme de la Bourse

[24/11/2009 12:48:10] PARIS (AFP)

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égier à son arrivée le 23 novembre 2009 au palais Brongniart (Photo : Eric Piermont)

Le Français Fabrice Brégier, numéro deux de l’avionneur européen Airbus, qui fait partie des 17 ex ou actuels dirigeants d’EADS suspectés de délit d’initié, a déclaré mardi aborder avec confiance les auditions devant l’Autorité des Marchés Financiers, le gendarme de la Bourse.

“Pour l’instant, je les aborde évidemment confiants”, a-t-il dit à l’AFP en entrant au Palais Brongniart, ancien siège de la Bourse de Paris, où se déroulent toute la semaine les auditions des mis en cause dans cette affaire de délit d’initié au sein du groupe européen de défense et d’aéronautique EADS.

“Cela se déroule de façon très courtoise”, a-t-il ajouté.

L’ancien patron d’Airbus, l’Allemand Gustav Humbert, également suspecté, a pour sa part “espéré parler” mardi devant l’AMF. “Je dirai la vérité, c’est-à-dire que ce qui nous est reproché est faux et que l’on doit nous innocenter”, a-t-il affirmé à l’AFP.

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évolution du cours de l’action en 2006

Selon un avocat, l’actuel dirigeant d’Airbus, l’Allemand Thomas Enders, devait lui aussi s’exprimer mardi. Au total, 17 anciens ou actuels dirigeants d’EADS ou d’Airbus et des représentants des groupes allemand DaimlerChrysler et français Lagardère, les deux principaux actionnaires d’EADS, vont être auditionnés par l’AMF.

Ils sont soupçonnés de s’être enrichis indûment en 2005 et 2006 en vendant leurs actions du groupe, alors qu’ils avaient connaissance du retard du très gros porteur d’Airbus, l’A380, de la révision du projet de long-courrier A350 et de perspectives financières plus mauvaises que prévu. Ces nouvelles, une fois publiques, ont provoqué la descente aux enfers de l’action.

MM. Brégier, Enders et Humbert figurent parmi les dix anciens ou actuels dirigeants que le rapporteur de la Commission des sanctions de l’AMF avait proposé en juillet d’épargner, au motif qu’ils n’auraient pas eu connaissance à l’époque où ils ont cédé leurs actions du retard de l’A380.

Le rapporteur, dont l’avis peut influencer la décision finale, mais n’est pas contraignant, avait préconisé de se concentrer sur sept dirigeants, dont l’ancien coprésident d’EADS, le Français Noël Forgeard.

Les auditions de mardi devaient être consacrées au plan opérationnel d’EADS, les prévisions internes d’activité de l’entreprise. L’AMF, qui veut se prononcer d’ici la fin de l’année, peut décider, à l’encontre des auteurs de délit d’initié, une amende pouvant aller jusqu’à dix fois le profit réalisé. Une enquête judiciaire est par ailleurs en cours.