Tunisie – Maghreb : La Tunisie champion de la démographie planifiée!

Par : Tallel

Dans une interview accordée au
site Internet enonostrum.info ,
Youssef Courbage, ancien expert des Nations unies et actuellement chercheur
démographe à l’institut national français des études démographiques (INED),
affirme que ‘’la Tunisie, le Maroc et l’Algérie devraient enfin récolter les
fruits de la transition démographique aujourd’hui achevée. Avec la baisse du
nombre d’inactifs, la pression se relâche sur la population active’’.

Sur la question de savoir ‘’comment s’est opérée la transition démographique
dans les trois pays du Maghreb centrale’’, Youssef Courbage répond que
‘’l’indice de fécondité ne reflète pas seulement la possibilité de croissance
d’une population, mais beaucoup également les mentalités, qui sont plutôt
modernistes ou traditionnalistes’’. Et d’ajouter que la moyenne est de 2,2
enfants au Maroc et en Algérie, et un peu moins en Tunisie.

Cependant, il reconnaît que certes ‘’la transition démographique dans ces pays
s’est faite de manière très rapide’’, mais ‘’les trajectoires ne sont pas
comparables’’, avec un avantage à la Tunisie, et ce pour deux rasions : c’est un
petit pays, et surtout ‘’une politique volontariste alliée dans les années 50… à
un code de la famille très moderniste’’.

Le processus a commencé dans les années 75 au Maroc, et dans les années 80 en
Algérie (où le taux de fécondité à cette date était de 8,3 enfants par femme).

Pour finir, le démographe répond à la question sur les conséquences de cette
transition démographique sur l’économie.

Tout d’abord M. Courbage estime que les trois pays du Maghreb central, sur le
plan démographique, sont mieux loti que le reste du monde arabe…

Et l’analyste de poursuivre en indiquant que ‘’ces trois pays entrent dans une
phase où ils vont recueillir les dividendes, les bénéfices de la démographie’’.

Les explications qu’il fournit montrent la justesse des plannings familiaux,
notamment en Tunisie. ‘’Quand une population croit à 4%, comme c’était le cas
dans les années 60 et 70 pour le Maroc et l’Algérie, vous devez parer au plus
urgent, construire des écoles vaille que vaille, former des maîtres à la
va-vite, scolariser à tout prix. Désormais, ces pays peuvent améliorer la
qualité de l’éducation, allonger la durée des études, prévoir plus en termes
d’éducation secondaire et universitaire, spécialiser l’enseignement, investir
dans la santé’’.

Sa conclusion se passe de commentaires ‘’Le Maghreb est dans la phase où les
tranches de population d’âge actif croissent plus vite que les inactifs. Quand
le rapport de dépendance est moins élevé, les actifs peuvent épargner et
investir plus.

Le ralentissement démographique joue aussi en faveur d’une baisse des
inégalités’’.

——————–

Youssef Courbage est démographe, chercheur à l’Institut national d’études
démographiques (INED). Longtemps expert des Nations unies, il a effectué de
nombreuses missions au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

Il a publié entre autre «Nouveaux horizons démographiques en Méditerranée (INED-PUF,
1999) ; «Les caractéristiques démographiques des minorités nationales dans
certains Etats européens» (Etudes démographiques n°30-31, 1998-2000) : livre
élaboré par Werner Haug, Youssef Courbage et Paul Compton, assistés par un
groupe de spécialistes.