Morgan Stanley va changer de patron après des performances décevantes

[10/09/2009 22:25:08] NEW YORK (AFP)

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à New York, en juillet 2009 (Photo : Spencer Platt)

Morgan Stanley, la seule des grandes banques américaines à ne pas avoir renoué avec les profits depuis la crise financière de 2008, va changer de patron, son PDG John Mack s’apprêtant à céder les rênes à James Gorman, dirigeant d’une activité essentielle, le courtage.

Officiellement, la banque a expliqué que cela faisait un an et demi déjà que M. Mack ne souhaitait pas rester directeur général au-delà de son 65ème anniversaire, en novembre prochain. A partir de janvier 2010, il ne sera plus que président non exécutif du conseil d’administration.

Mais en fait un tel remaniement était attendu depuis la présentation de nouveaux résultats décevants en juillet dernier: Morgan Stanley avait publié 1,25 milliard de dollars de pertes, après déjà un trou de 177 millions de dollars au premier trimestre.

De quoi conduire l’analyste Jon Ogg, sur le site spécialisé 247WallSt.com, à souligner que le départ de M. Mack est “bien sûr une info, mais beaucoup l’attendaient depuis à peu près deux mois”.

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à Washington, le 11 février 2009, à Washington (Photo : Saul Loeb)

D’ailleurs les investisseurs n’ont pas réagi: l’action restait au niveau de son cours de clôture dans les échanges électroniques après la fermeture de Wall Street, après avoir légèrement et brièvement progressé.

James Gorman, 51 ans, qui remplacera M. Mack au poste de directeur général, avait le titre de “co-président” de la banque, et président de la co-entreprise de courtage formée avec Citigroup, Morgan Stanley Smith Barney. Il fera également son entrée au conseil d’administration.

M. Gorman, diplômé en droit de l’Université de Melbourne (Australie) et en gestion de l’Université américaine Columbia, est un ancien avocat, passé aux affaires via le cabinet de conseil McKinsey.

Il a travaillé entre 1999 et 2006, chez Merrill Lynch, ancien fleuron parmi les banques d’affaires new-yorkaises, qui a sombré en pleine crise financière il y a un an pour se faire avaler par Bank of America.

Après avoir considérablement développé les activités de courtage de Merrill Lynch, M. Gorman avait été recruté en février 2006 par Morgan Stanley pour prendre la tête de la gestion de patrimoine.

Dès l’année suivante, il devenait responsable de la stratégie du groupe, de concert avec le directeur financier Colm Kelleher, puis co-président de la banque.

Jeudi, il a été décrit par M. Mack comme un expert en redressement et développement: “James a presque triplé le bénéfice opérationnel de notre activité de gestion de fortune en à peine trois ans, et a aidé à faire aboutir la co-entreprise Smith Barney – une transaction qui change la donne et qui va jouer un rôle clé pour la croissance et la rentabilité à venir de la banque”, a souligné M. Mack.

Morgan Stanley Smith Barney gère 1.420 milliards de dollars d’actifs confiés par des clients, avec 18.444 conseillers financiers dans le monde, ce qui en fait un leader mondial, et Morgan Stanley escompte rapidement tirer des profits sonnants et trébuchants de cette opération.

De fait, alors que les banques d’affaires asseyent traditionnellement leur puissance sur leur rôle dans les fusions-acquisitions et les augmentations de capital, c’est depuis plusieurs mois l’activité plus traditionnelle de courtage et de gestion d’actifs qui porte le secteur bancaire.

De son propre aveu, M. Gorman a un style “direct”. “Certains me trouvent abrupt et froid, c’est mon style personnel”, avait-il dit en 2007 dans un entretien à une publication destinée aux expatriés australiens.

Un autre candidat potentiel à la succession de M. Mack, Walid Chammah, 54 ans, qui partageait avec M. Gorman le titre de “co-président” de la banque, obtient quant à lui le titre de président de Morgan Stanley International, et restera à Londres.