La Tunisie a accueilli, ce lundi le premier “Forum tuniso-africain pour la résilience, la gestion des risques et des pandémies, et la justice sociale en matière de santé”, organisé par l’Université Tunis El Manar dans le cadre du projet “l’Indicateur africain de sécurité sanitaire”, en partenariat avec plusieurs institutions internationales, dont le Centre pandémique de l’Université Brown (Brown University Pandemic Center) et la Fondation Sciences pour l’Afrique.

La responsable du projet de l’indice de sécurité sanitaire en Afrique et professeure à l’Université de Tunis El Manar, Hanan Boussi a déclaré à cette occasion que la Tunisie occupe une place de choix dans l’indice de sécurité sanitaire en Afrique et oeuvre à développer davantage ses systèmes de santé pour faire face aux risques sanitaires et aux pandémies. Elle a précisé que cet indice africain s’inspire de l’indice mondial de sécurité sanitaire (the global health security index), qui repose sur une évaluation globale classant les capacités des États à faire face aux épidémies et aux pandémies, dans le but de développer les capacités mondiales de lutte contre les maladies infectieuses.

Elle a indiqué que l’indice africain de sécurité sanitaire évalue les systèmes de santé des pays africains en termes de préparation et de capacité à faire face aux risques sanitaires et aux épidémies qui se propagent sur le continent africain, à l’instar du virus « Ebola », qui sévit actuellement dans plusieurs pays africains.

Elle a noté que le continent africain dispose de ses propres indicateurs pour évaluer les systèmes de santé, compte tenu de l’apparition de types de maladies qui n’existent pas dans le reste du monde en raison de plusieurs facteurs, parmi lesquels les changements climatiques auxquels le continent africain est confronté et le degré de préparation des pays à faire face à ces changements.

Elle a précisé que les indicateurs mesurant la « sécurité sanitaire en Afrique » comprennent l’indicateur de prévention, qui évalue le dégré de préparation de l’État, les mesures préventives qu’il met en place et sa capacité à prévenir l’apparition de maladies et à faire face à une épidémie dès le début de sa propagation…

Elle a également évoqué l’indicateur d’investissement, qui mesure le niveau d’investissement de l’État dans les infrastructures, la formation de son personnel médical, l’adoption de nouvelles approches de recherche et la mise à disposition d’équipements, ainsi que d’autres indicateurs relatifs à la capacité des États à relever les défis climatiques, à l’absence d’impact de ces derniers sur les systèmes de santé, ainsi qu’aux indicateurs d’hygiène et de protection des frontières contre l’introduction d’épidémies.

Elle a souligné que la Tunisie a progressé dans la plupart de ces indicateurs, notamment l’indicateur d’investissement dans le domaine de la santé, grâce à des avancées en matière de numérisation et d’infrastructures, dans le cadre d’un partenariat entre plusieurs ministères. Elle a toutefois noté que parmi les points faibles de la Tunisie figurent les mécanismes de communication et la publication de recherches en anglais.

De son côté, le directeur général de la coopération internationale au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Malek Kochlef, a souligné que cet événement, organisé par l’université de Tunis El Manar en partenariat avec les ministères de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique et de la Santé, ainsi qu’avec de nombreuses structures et partenaires internationaux, survient à un moment crucial, avec la propagation du virus Ebola dans plusieurs pays africains, ce qui souligne l’importance de la préparation des systèmes de santé pour prévenir ces épidémies et y faire face en cas de propagation.

Pour sa part, le président de l’Université Tunis El Manar, Moez Chafra, a expliqué que ce forum tuniso-africain sur la résilience, la gestion des risques et des pandémies ainsi que la justice sociale en matière de santé s’inscrit dans le cadre d’un projet international remporté par l’Université de Tunis El Manar, en partenariat avec l’université américaine « Brown », et financé par les États-Unis, ajoutant que la Tunisie a supervisé ce projet, représentée par l’Institut Pasteur de Tunis, la Faculté de médecine de Tunis et ses laboratoires, l’Institut de recherche vétérinaire, ainsi que de nombreux partenaires d’Afrique du Sud, du Kenya et de Grande-Bretagne.

Ce projet a permis d’évaluer 64 pays africains quant à leur état de préparation face aux risques sanitaires et aux épidémies. Une analyse des chiffres et des données relatifs aux systèmes de santé de ces 64 pays a également été réalisée. À l’issue de ce forum, les résultats de ces analyses pour chaque pays seront annoncés et classés selon des indicateurs, a-t-il encore précisé.