Diaspora TRELe projet de réforme du Code des changes tunisien n’est plus une option, c’est une nécessité vitale pour la compétitivité nationale. À l’heure où l’économie mondiale bascule vers le numérique et l’intelligence artificielle, le cadre légal hérité de 1976 devient un frein structurel à l’innovation et à l’exportation. Aslan Ben Rejeb, président de la CONECT, a réaffirmé ce lundi 15 juin 2026 l’urgence d’une transition vers une logique de “liberté d’abord, contrôle a posteriori”.

41 propositions pour un choc de simplification

La CONECT ne se contente pas de critiques ; elle propose une feuille de route opérationnelle. Avec 41 amendements soumis au Parlement, la confédération entend moderniser le cadre juridique pour l’adapter aux exigences des start-up et des entreprises exportatrices. L’objectif est de remplacer le système obsolète des autorisations préalables par une souplesse administrative qui fait actuellement défaut, notamment pour l’accès aux services numériques et aux outils de paiement internationaux.

Diaspora : De l’épargne familiale à l’investissement productif

Avec 8,6 milliards de dinars de transferts annuels, la diaspora tunisienne représente un levier financier stratégique, représentant près de 15 % de la population nationale. Actuellement, ces flux sont majoritairement orientés vers la consommation familiale ou l’immobilier. La CONECT propose une rupture de paradigme : créer des fonds d’investissement dédiés pour canaliser cette épargne vers des projets productifs à haute valeur ajoutée. Cette valorisation de la diaspora est au cœur de la réforme du Code des changes.

Dinars et risques macroéconomiques : Démystifier la réforme

La réforme suscite des craintes concernant une éventuelle dépréciation de la monnaie nationale. Aslan Ben Rejeb balaie ces inquiétudes en rappelant que le risque de change est intrinsèquement lié aux fondamentaux macroéconomiques, tels que le déficit commercial et l’inflation, et non à la liberté de change elle-même. L’ambition n’est pas une libéralisation anarchique du dinar, mais une flexibilité accrue pour permettre aux entreprises tunisiennes de s’intégrer, enfin, dans la chaîne de valeur mondiale.

EN BREF (HIGHLIGHTS)

  • Urgence législative : La CONECT presse le Parlement d’adopter un nouveau Code des changes pour remplacer celui de 1976.
  • Simplification administrative : 41 amendements proposés pour passer d’un système d’autorisation préalable à un contrôle a posteriori.
  • Levier Diaspora : 8,6 milliards de dinars de transferts annuels doivent être redirigés vers des fonds d’investissement productifs.
  • Compétitivité numérique : La réforme est indispensable pour les start-up et l’accès aux services numériques internationaux.
  • Réalité monétaire : La réforme vise la flexibilité et non la libéralisation totale du dinar, selon Aslan Ben Rejeb.