[05/05/2009 16:07:55] BERLIN (AFP)

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à Turin (Photo : Damien Meyer)

Le projet de reprise du constructeur automobile allemand Opel par l’italien Fiat suscitait le scepticisme mardi en Allemagne, où syndicats et certains responsables politiques lui préfèrent l’équipementier canadien Magna.

Les propos du patron de Fiat Sergio Marchionne sur une éventuelle fermeture d’usine, rapportés lundi par le ministre de l’Economie allemand Karl-Theodor zu Guttenberg à l’issue d’une entrevue entre les deux hommes, ont provoqué une volée de bois vert du puissant syndicat de la métallurgie IG Metall.

Mardi, le dirigeant italien a tenté de rassurer sur son plan de reprise d’Opel, filiale allemande de l’américain General Motors. Dans une interview au quotidien Bild, M. Marchionne a affirmé pouvoir conserver les quatre sites de Rüsselsheim, Bochum, Eisenach et Kaiserlautern.

“Nous ne voulons fermer aucune des quatre usines Opel en Allemagne”, a affirmé M. Marchionne. “Mais évidemment, il faudra que les effectifs soient réduits”, a-t-il ajouté. “Personne ne peut l’éviter. Les usines doivent devenir plus productives”, selon lui.

Près de 26.000 salariés travaillent en Allemagne pour Opel.

Les propos du patron de Fiat invitent “au scepticisme”, a estimé mardi Rainer Einenkel, chef du comité d’entreprise d’Opel à Bochum, dans une interview à la chaîne publique NDR.

Pour le chef du comité d’entreprise d’Opel en Europe, Klaus Franz, cité par le site en ligne du magazine Spiegel, “il reste des questions essentielles à résoudre”.

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Les logos des constructeurs automobiles Fiat et Opel (Photo : Thomas Lohnes)

A l’inverse, des syndicalistes se sont à plusieurs reprises prononcé en faveur du projet de Magna, qui semble avoir également les faveurs du vice-chancelier Frank-Walter Steinmeier, candidat social-démocrate (SPD) à la chancellerie en septembre prochain. M. Steinmeier a néanmoins réaffirmé lundi qu’aucun repreneur n’avait pour le moment la priorité.

Le patron de Fiat “semble obnubilé par l’idée de mettre sur pied une des plus grandes entreprises automobiles au monde” alors que la faillite de GM montre que ce modèle est dépassé, selon M. Franz.

L’idée de Fiat est de créer une société qui regrouperait sa branche automobile (marques Fiat, Lancia et Alfa Romeo), une part de Chrysler et toutes les activités européennes de GM, soit Opel, le suédois Saab et le britannique Vauxhall. Fiat est aussi intéressé par les activités de GM en Amérique du sud, selon une source industrielle italienne interrogée par l’AFP.

“Etre simplement grand n’est pas un critère de valeur”, a renchéri le ministre-président de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie Jürgen Rüttgers à la chaîne ARD.

Selon M. zu Guttenberg, Fiat souhaite de 5 à 7 milliards d’euros de garanties publiques. Le ministre conservateur a qualifié le projet italien d'”intéressant”, tout en rappelant que Magna avait aussi manifesté son intérêt pour Opel.

Le canadien Magna a confirmé lundi mener avec GM et les autorités allemandes des discussions pour prendre une participation minoritaire dans Opel. Il est associé avec la banque semi-publique russe Sberbank et le constructeur automobile GAZ, détenu par l’oligarque russe Oleg Deripaska, a précisé à l’AFP Jürgen Reinholz, ministre de l’Economie du Land de Thuringe (est).

Selon la presse, l’oligarque prendrait, avec le soutien de banques russes, une participation de 30% dans Opel et Magna 20%.

Selon le quotidien économique britannique Financial Times, plusieurs autres prétendants à la reprise d’Opel serait également en lice, dont un fonds d’Abou Dhabi, le fonds souverain de Singapour et trois autres fonds d’investissement non identifiés.