[12/12/2008 11:30:37] PARIS, 12 déc 2008 (AFP)

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écembre 2008 à Tokyo (Photo : Yoshikazu Tsuno)

L’échec des discussions au Sénat américain pour voter un plan de sauvetage de l’industrie automobile a fait plonger les marchés asiatiques et européens, inquiets des conséquences économiques désastreuses que provoquerait la chute de l’un des trois “grands” de Détroit.

Peu après l’ouverture, le CAC 40 lâchant 4,66% à la Bourse de Paris. A Londres, le Footsie-100 abandonnait 2,97% et à Francfort le Dax cédait 4,34%.

Principale place financière d’Asie, Tokyo a clôturé en net recul de 5,56%. Hong Kong a perdu 5,48%, Séoul 4,38% et Shanghai 3,81%. Le dollar a lui aussi dégringolé dans les échanges à Tokyo, passant sous la barre des 90 yens pour la première fois depuis 13 ans.

Après des discussions qui se sont prolongées tard dans la soirée de jeudi, les membres de la chambre haute du Congrès américain n’ont pas réussi à trouver un compromis sur un soutien aux constructeurs automobiles américains.

“Nous n’avons pas été en mesure de franchir la ligne d’arrivée”, a déclaré le leader de la majorité démocrate Harry Reid, après de longues heures passées à négocier avec un noyau dur de sénateurs républicains qui refusaient de sauver General Motors (GM), Chrysler et Ford avec des fonds publics. La pression s’était pourtant renforcée sur eux après que GM eut reconnu dans la journée avoir embauché des conseillers juridiques et des banquiers pour se préparer “à toutes les éventualités”, y compris celle d’un dépôt de bilan.

La Chambre des représentants avait pour sa part adopté dès mercredi ce plan de crédit de 14 milliards de dollars en faveur des constructeurs, avec le soutien de la Maison Blanche et du président américain élu Barack Obama.

La Maison Blanche a dit jeudi soir redouter des dépôts de bilan après cet échec.

La chute de l’un des trois “grands” aurait des conséquences catastrophiques pour la première économie du monde, dont 2,2 millions d’emplois dépendent de l’industrie automobile, mais aussi chez les principaux partenaires commerciaux des Etats-Unis.

Face à l’aggravation des perspectives économiques, les pays industrialisés multiplient les plans de relance.

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écembre 2008 à Tokyo

Au Japon, le Premier ministre Taro Aso devrait annoncer une rallonge de quelque 13.100 milliards de yens (109 milliards d’euros) au plan de relance décidé fin octobre, selon le quotidien Yomiuri.

M. Aso souhaiterait faire passer de 26.900 milliards de yens à 40.000 milliards de yens (333 milliards d’euros) le plan dévoilé il y a deux mois, afin de soutenir la deuxième économie mondiale en proie à la récession.

Les nouvelles mesures permettraient de venir en aide aux chômeurs et d’augmenter les injections de fonds publics dans le capital des banques, pour faciliter les prêts aux petites entreprises. Le Japon a subi une contraction de son activité économique de 0,5% au troisième trimestre, après une réduction du PIB de 1% au deuxième trimestre.

A Bruxelles, les dirigeants européens réunis en sommet se sont mis d’accord sur l’objectif d’un plan de relance “d’environ 1,5% du PIB” de l’UE, soit 200 milliards d’euros.

Ils étaient également proches d’un accord sur leur plan de réductions d’émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020, un plan qui devrait cependant comporter d’importantes dérogations pour les secteurs industriels menacés par la crise et la concurrence internationale.

Aux Etats-Unis, la gravité de la crise a de nouveau été illustrée jeudi par Bank of America, la plus grande banque du pays, qui a annoncé qu’elle comptait supprimer de 30.000 à 35.000 postes dans les trois ans, à la suite de sa fusion prévue avec la banque d’affaires Merrill Lynch.

L’équipementier franco-américain en télécoms Alcatel-Lucent a lui annoncé vendredi vouloir supprimer environ 1.000 postes de cadres et réduire de 5.000 le nombre de ses sous-traitants.

Côté statistiques, le produit intérieur brut français devrait baisser de 0,7% au quatrième trimestre, estime la Banque de France dans son enquête mensuelle de conjoncture. La Russie elle se trouve déjà en “récession”, selon le vice-ministre du Développement économique Andreï Klepatch.