Faire de la Tunisie un pôle d’exportation des services de
santé à l’horizon 2016 a été au cœur d’un CMR présidé il y’a quelques semaines
par Mr le Président de la République.
Des détails sur ce plan d’action dans l’interview ci-après de Dr Mohamed Ben
Laiba, Directeur Général de la Santé Publique.
Webmanagercenter
: Le Tourisme médical semble être perçu comme une manne pour au moins une
trentaine de pays émergeants. La concurrence est d’ores et déjà très rude.
Quelles mesures la Tunisie prend-elle pour s’imposer en destination de
tourisme médical ?
Dr Ben Laiba : Il y’a eu récemment, un CMR présidé par le chef de l’état
qui a décidé d’un plan d’action de grande envergure. Faire du secteur de la
santé un pôle d’exportations à l’horizon 2016 est une priorité absolue.
Tous les efforts sont en train d’être déployés pour atteindre cet objectif.
Ce plan découle d’une vision avant-gardiste. C’est en fait, un véritable
bond qualitatif qui s’adosse à de grandes réalisations et à une ferme
volonté politique.
En termes de santé, les acquis sont nombreux. A titre d’exemple,
l’extension de la couverture sanitaire à tous les citoyens tunisiens et à
toutes ses régions approche les 95%.Les bénéficiaires des services de santé
trouvent leurs besoins dans un rayon de moins de 5Kms. Le rapprochement et
le renforcement de la présence des médecins spécialistes sont aussi un
objectif atteint, suite à d’importantes mesures incitatives.
Nos indicateurs de santé sont très performants. Ils sont reconnus, aussi
bien des pays amis que d’instances internationales comme l’Organisation
Mondiale de la Santé(OMS).Certains de nos indicateurs se situent dans les
hauteurs des performances des pays développés L’espérance de vie atteint 74
ans, le taux de la mortalité infantile, est passé en dessous de la barre des
18,8 pour 1000 accouchements, le taux de vaccination a atteint 97% et l’on
compte un médecin pour 900 habitants.
En Tunisie, la santé a toujours été une priorité nationale.
L’amélioration des services se confirme surtout et aussi, grâce à des
qualifications et des compétences bien de « chez nous ». Nous sommes fiers
de les mettre en avant. Notre professionnalisme est d’ailleurs, de plus en
plus reconnu. Nos équipements sont aussi très modernes. Des équipements de
pointe parfaitement indiqués pour les diagnostics et traitements.
Tous ces paramètres ont crées une atmosphère de confiance et de
compétences. Cela encourage les gens à venir se faire soigner chez nous.
Certains subissent la lenteur et des coûts excessifs des prestations
médicales de santé chez eux, voient en notre pays une alternative pour des
soins de qualité, notamment dans les pays du nord.
Grâce à la compétence de nos cadres médicaux, la Tunisie est devenue une
destination médicale privilégiée. Nos cadres sont demandés à l’étranger,
notamment en Afrique du sud, dans les pays arabes et même dans les pays du
nord, où ils partent effectuer des stages et sont finalement retenus.
Webmanagercenter : N’est ce pas là un gros problème ? Ne trouvez vous pas
que l’on ne communique-on pas assez sur ces performances ?
Dr Ben Laiba : La fuite des compétences est un gros problème. En même
temps, nos médecins à l’étranger diffusent l’image de marque de notre pays
et reflètent de la qualité de nos études médicales et paramédicales.
Par rapport à la communication, vous avez très probablement raison. Nous
sommes pris par l’action et la communication mérite plus d’efforts. C’est
dommage, mais de plus en plus d’efforts sont consentis pour mettre en relief
ces performances
Webmanagercenter : Concrètement en quoi consistent les mesures prises
pour ce plan d’action ?
Dr Ben Laiba : Au delà de la qualité, du savoir faire et des compétences,
un certain nombre de mesures sont prise pour atteindre et concrétiser cet
pour objectif.
La Tunisie a reçu 102 000 patients étrangers en 2007. Les spécialités
demandées sont la chirurgie plastique, orthopédique, dentaire,
ophtalmologique et cardiovasculaire. La chirurgie plastique prend une place
prépondérante, mais la chirurgie orthopédique, aussi bien que la chirurgie
cardio-vasculaire commence à être fortement demandée aussi
Parmi les mesures prises, je mentionne l’encouragement tous azimuts, en
matière d’investissements tunisiens et étrangers. L’élaboration d’un plan
pour la création d’une cité médicale et de zones sanitaires destinées à
l’exportation. Ce sont des cités intégrées, où toutes les mesures
législatives, pratiques, et financières seront prises pour assurer le séjour
des personnes étrangères pour de longues périodes. Passer 4 mois en Tunisie,
dans des centres touristiques ou des résidences réalisées à cet effet, sous
forme de village de santé, ne peut que coûter moins lourd économiquement aux
patients et à leurs assurances.
Notre pays se caractérise par la paix sociale et la sécurité. La
proximité est aussi un facteur déterminant. Nous accompagnerons ce projet,
par un encadrement spécialisé et sommes déjà dans la formation de
spécialistes tel que la gériatrie .Nos structures hôtelière seront dotées
des meilleurs services de santé possible pour assurer les meilleures
qualités de santé et de sécurité pour ces gens.
D’autre part, nous œuvrons à la création d’un organisme publique autonome
et indépendant qui aura pour tâche l’évaluation, l’octroi et le suivi des
attestations d’accréditation. Il veillera à la mise en place d’une
certification à la crédibilité incontestable. En fait, la certification est
un cahier de charge encore plus pointue et précis. C’est un palier supérieur
dans l’exigence et l’expertise.
Cette démarche sera accompagnée d’une réglementation souple et adaptée.
Nous envisageons notamment, la révision de la TVA pour l’importation de
certains équipements ou produits pour faciliter le travail des promoteurs.
La question est de réponde aux besoins des prestataires et veiller à ce que
cela soit plus facile dans la rigueur et la sécurité totale pour nos
patients et les patients étrangers.
La formation pour le secteur médicale et paramédicale subira aussi une
mise à niveau. La promotion de l’exportation à travers des nouvelles
industries comme les génériques, les bios médicaments, les phyto médicaments
vont bon train. L’organisation de champs de partenariat entre le secteur
publique le secteur privé sont plus vifs que jamais .Il y’a au Ministère des
directions qui accompagnent et entourent le secteur privé. Ici, le privé et
le public sont complémentaires. Le Ministère est celui de la Santé en
Tunisie.
Webmanagercenter : Pour ce plan, il faut des moyens. Avez-vous les
budgets ? Planifiez-vous de grandes opérations de marketing et de
communication pour mettre en avant ces projets ? Encore aujourd’hui, nous
communiquons très peu et souvent même mal autour d’acquis considérables. Les
destinations concurrentes, pour des qualifications quelques fois moindres,
investissent beaucoup et se sculptent des images assez solides en termes
d’efficacité
Dr Ben Laiba : Vous avez tout à fait raison sur le plan de la
communication, il y’a beaucoup à faire. Certaines actions commencent à être
appliquées et ce, au lendemain même du CMR. Nous menons une grande opération
d’informations au niveau national, pour que les professionnels de la santé
se préparent à ce projet d’envergure et prenne conscience des enjeux liés à
cette stratégie.
Pour réussir ce plan, beaucoup d’activités doivent être menées
parallèlement entre différents Ministères et intervenants. Depuis la mise en
application du plan, nous avons du faire 3 ou 4 grandes réunions pour
identifier les voies de l’efficacité. Les transports, l’accueil à
l’aéroport, les formalités, les activités des agences de voyages,…Tous les
intervenants qui constituent une étape dans cette chaine d’efficacité sont
impliqués et parties prenantes dans l’édification de projet. Nous sommes en
train de faire tout le nécessaire pour que l’action soit concordante et
complémentaire, pour vite et bien atteindre les résultats escomptés
La concurrence, certes existe. Elle est incontournable. Je pense que
notre atout majeur, est la compétence de nos cadres. Nous avons un plateau
technique très performant. Nous parions sur une organisation réglementée par
l’accréditation. Le sérieux de notre action finira par porter ces fruits
Webmanagercenter : Le talon d’Achille du tourisme médical dans le monde
reste l’accompagnement et le post opératoire. Certaines destinations
autorisent des médecins étrangers à exercer. Est ce que cette option peut
être considérée en Tunisie ?
Dr Ben Laiba : Actuellement, c’est en train de se faire dans le cadre de
certaines missions de formation et de coopération. L’intérêt est double.
Former les médecins sur place et traiter des cas qui sont très complexes au
niveau de la pathologie. C’est pour cela que certaines missions sont
autorisées. Elles sont d’ailleurs soumises, aux autorisations du Ministère
de la Santé. Maintenant, en ce qui concerne l’exportation des services de
santé tout pourrait être étudié et considéré.
A ce sujet, j’attire votre attention sur le fait que nous souhaitons
encourager la convalescence en Tunisie. Les patients étrangers opérés chez
eux, viendraient passer leur convalescence dans notre pays. Cela intéresse
énormément les organismes de sécurité sociale. C’est un projet
avant-gardiste et il constitue une véritable opportunité pour plusieurs
secteurs.
Webmanagercenter : Il y’a aujourd’hui sur internet entre 40 et 50
sociétés de services qui se livrent une guerre de prix. Pourquoi de tels
écarts de prix ? Y ‘a t-il moyen pour contrôler ce début de bradage qui
risque d’être très dangereux ?
Dr Ben Laiba : Comme dans tous les secteurs, il peut avoir des
difficultés de ce genre. Il y’a une chambre représentative du secteur privé
qui relève de l’UTICA. Elle suit tout cela de très prêt. Son rôle est de
défendre l’intérêt de la profession. Des pratiques de ce genre mettent en
danger la pérennité même de ces entreprises, même si elles existent, elles
restent rares et isolées.
Vous savez, dans ce secteur, tout est codifié et organisé. Il y’a aussi
des structures qui relèvent du Ministère de la Santé qui ne font que du
contrôle. C’est leur métier. La Santé est un secteur bien encadré et
contrôlé .Il y’a un corps d’inspection qui suit ces activités au quotidien.
Lire aussi :
– Le tourisme médical se porte bien



