Bush et Obama pressent le Sénat de sauver les constructeurs automobiles

[11/12/2008 21:50:19] WASHINGTON (AFP)

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ée à Toledo le 3 décembre 2008 (Photo : J.D. Pooley)

Le président sortant George W. Bush et son successeur Barack Obama ont joint leur voix jeudi pour que le Congrès adopte rapidement le des constructeurs américains, qui doit encore être présenté au Sénat.

“En cette période de grandes difficultés pour notre économie, nous ne pouvons pas nous permettre d’assister sans rien faire à l’effondrement de ce secteur”, a déclaré M. Obama lors d’une conférence de presse à Chicago, le jour où étaient publiées de nouvelles données officielles record sur le chômage.

Laisser les trois grands de Detroit (Ford, et surtout General Motors et Chrysler) faire faillite aurait un effet “dévastateur” sur l’économie, et l’Etat fédéral doit immédiatement leur apporter une aide financière à court terme, a-t-il dit. Une proposition de loi actuellement devant le Congrès constitue un “pas important”, a-t-il dit.

Le texte a été adopté mercredi par la Chambre des représentants. Son sort dépend désormais de l’autre chambre du Congrès, le Sénat, où son approbation est tout sauf acquise.

L’administration de M. Bush, qui a négocié et qui soutient le texte, se démenait pour rallier une partie de ses alliés républicains qui résistent.

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écembre 2008 à Washington après le vote du plan d’aide à l’automobile par la chambre des représentants (Photo : Chip Somodevilla)

Les Républicains sont minoritaires dans les deux chambres, mais ils peuvent se servir de la procédure pour rejeter la proposition de loi. Pour ajouter à l’incertitude, certains Démocrates ont eux aussi leurs objections.

La porte-parole de la Maison Blanche, Dana Perino, a parlé de chance “réaliste” que la loi soit adoptée le jour même. M. Obama a dit espérer un accord cette semaine.

Mais Mme Perino était bien forcée d’admettre que l’issue était incertaine: “Je ne sais pas ce qui va se passer (…) Et nous savons que ce sera un vote difficile”.

L’administration Bush et les démocrates, ses adversaires majoritaires au Congrès, essaient depuis plusieurs jours de faire adopter urgemment le plan sans lequel un géant de l’automobile comme General Motors dit qu’il pourrait ne plus être en mesure d’honorer ses créances d’ici à la fin de l’année.

La proposition devant le Congrès prévoit d’accorder à General Motors et Chrysler une aide de 14 milliards de dollars pour se maintenir à flot jusqu’au 31 mars. Ford dit ne pas avoir un besoin aussi urgent de liquidités.

Le président nommerait dans les prochains jours un responsable (communément appelé “tsar de l’automobile”) ayant autorité sur le sauvetage.

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étaire général adjoint de la Maison Blanche, Joel Kaplan le 10 décembre 2008 à Washington (Photo : Chris Kleponis)

Cette nouvelle intervention gouvernementale dans le privé met à l’épreuve les principes, révérés aux Etats-Unis, de la libre entreprise. Certains sénateurs républicains disent que les constructeurs doivent assumer la loi du marché et leurs erreurs et être mis en faillite, qu’ils s’en remettent ou non.

D’autres, moins intransigeants, estiment que le “tsar de l’automobile” doit avoir des pouvoirs encore plus contraignants.

Selon sa porte-parole, M. Bush et ses collaborateurs devaient passer la journée à essayer de convaincre les récalcitrants.

Ils devaient faire valoir que le “tsar de l’automobile” aurait des pouvoirs étendus, que le plan ne laisserait qu’une alternative aux constructeurs (la restructuration ou la faillite), et que le contribuable rentrerait dans son argent.

Ils devaient aussi faire valoir un argument massue, le jour où le département du Travail annonçait que le nombre des Américains demandant pour la première fois des indemnités chômage avait atteint son plus haut depuis 26 ans.

“Nous pensons que l’économie est tellement affaiblie en ce moment qu’ajouter la perte possible d’un million d’emplois est quelque chose que notre économie ne pourrait pas supporter”, a dit Mme Perino.