Trichet : la crise financière, du jamais vu depuis la 2e Guerre mondiale

 
 
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ésident de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, le 2 octobre 2008 à Francfort (Photo : Thomas Lohnes)

[02/10/2008 18:16:33] PARIS (AFP) Le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, a estimé jeudi que la crise financière constituait “un événement jamais rencontré depuis la seconde guerre mondiale” et a appelé à une meilleure coordination des Européens pour y faire face.

“Rien dans le passé ne ressemble à ce que nous voyons actuellement”, a déclaré M. Trichet sur France 24.

“Les événements en face de nous sont probablement les plus graves depuis la seconde guerre mondiale”. “C’est un phénomène de très, très grande ampleur”, “une période d’incertitude absolument exceptionnelle”, a-t-il souligné.

Disant que ces événements ne devaient “pas de reproduire”, il a jugé qu’il fallait “repasser en revue tous les éléments du système financier mondial”.

“Ce sont des événements extrêmement importants et graves qui doivent conduire à en tirer absolument toutes les leçons sans complaisance”, a-t-il déclaré. Il a estimé qu’il y avait “matière à des changements très profonds”.

Alors que les Européens se sont divisés sur la réponse à apporter à la crise financière deux jours avant un mini-sommet de chefs d’Etats européens à Paris, il a assuré que “ce n’est pas la zizanie” en Europe.

Les gouvernements européens “ont fait face en prenant des décisions difficiles et rapides face aux circonstances”, a-t-il déclaré.

Interrogé sur l’idée d’un plan de sauvetage européen sur le modèle du plan Paulson aux Etats-Unis, il a répondu qu’à sa “connaissance, il n’y a pas de proposition de plan qui serait équivalent à celui des Etats-Unis”.

Le plan Paulson, qui doit encore être approuvé par la Chambre des représentants, porte sur 700 mds de dollars et doit permettre notamment de racheter les actifs pourris des banques américaines.

“Nous verrons ce qui sera décidé (…) après la réunion de Paris”, a dit M. Trichet, qui y assistera samedi aux côtés des chefs d’Etat et de gouvernement français, britannique, italien et allemand, du président de la Commission européenne José-Manuel Barroso, et du chef de l’Eurogroupe Jean-Claude Juncker.

“Mais dire que nous devons imiter nécessairement ce qui est fait aux Etats-Unis est naïf, nous ne sommes pas les Etats-Unis”, a-t-il ajouté.

Interrogé sur la forme que doit prendre la réponse européenne à la crise, M. Trichet a estimé qu’il fallait faire “en sorte que l’ensemble des intéressés puissent se coordonner le mieux possible” même si les responsabilités des gouvernements “sont individuelles”.

Il s’est par ailleurs montré rassurant sur les perspectives d’inflation, voyant “dans l’économie réelle des facteurs qui vont diminuer les risques d’inflation future”, notamment la baisse des prix du pétrole.

Même si ces risques “n’ont pas été éliminés”, “c’est la raison pour laquelle nous avons maintenu les taux” d’intérêt jeudi à 4,25%, a-t-il ajouté.

Interrogé sur le niveau des taux bien inférieur aux Etats-Unis, il a répondu que “les taux d’intérêt sont à 4,25% dans la zone euro, ils sont à 5% en Angleterre. Nous avons des taux d’un niveau pour faire face à la situation”.

Il a conclu que la BCE n’était “pas dans les rigidités” et a affirmé qu’elle était prête à agir “à tout moment” si besoin.

 02/10/2008 18:16:33 – Â© 2008 AFP