Le mouvement HLM craint d’être victime de la crise financière mondiale

 
 
photo_1222172403890-1-1.jpg
ésident de l’Union national des HLM Michel Delebarre, le 17 juin 2003 à Lille (Photo : Philippe Huguen)

[23/09/2008 12:21:13] CANNES (AFP) Les participants du 69ème congrès de l’Union sociale pour l’habitat (USH), grand-messe annuelle des organismes d’HLM, se sont inquiétés mardi de la crise financière mondiale qui pourrait avoir des répercussions indirectes sur son financement à long terme.

“La crise des subprime aux Etats-Unis a modifié rapidement et significativement le contexte financier dans lequel nous évoluons en entraînant une hausse des taux qui pèse sur les conditions de notre activité au travers de ses répercussions sur le taux du livret A”, a avertit son président Michel Delebarre lors de la séance d’ouverture à Cannes.

La récente hausse à 4% du taux de rémunération du Livret A se traduit par un renchérissement des prêts aux organismes HLM. L’épargne déposée sur ces livrets est centralisée par la Caisse des Dépôts qui l’utilise pour accorder des emprunts à ces organismes en charge du logement social.

“Ajoutée à la reprise de l’inflation et des répercussions sur le pouvoir d’achat des ménages modestes, cette hausse du taux (du livret A, ndlr) renforce la difficulté de concilier le souci de préserver des loyers modérés et la nécessité d’assurer les équilibres économiques et financier de nos organismes”, a souligné l’ancien ministre du Logement qui quittera ses fonctions en décembre après 10 années passées à la tête du mouvement.

M. Delebarre reconnaît qu’il n’a “pas beaucoup d’inquiétude sur le volume des dépôts dans les mois qui viennent” mais craint que le mécanisme d’ouverture du Livret A à l’ensemble des banques ne garantisse pas “un arbitrage en faveur du logement social”.

D’autant que le mouvement HLM peine déjà à répondre aux immenses besoins de logements sociaux dans de nombreuses régions: ses 820 organismes HLM n’ont pu offrir en 2007 que 71.000 logements supplémentaires alors que 1,2 million demandes de logement sont en attente (dont 550.000 émanent de personnes déjà locataires).

Les organismes HLM affirment qu’ils ne peuvent assumer avec leurs seuls moyens toutes les tâches qui leur sont dévolues: investissements liés aux constructions nouvelles, mise en oeuvre des dossiers ANRU (Agence nationale de rénovation urbaine) et dépenses liées au Grenelle de l’environnement, notamment les 800.000 logements qui doivent bénéficier en 10 ans d’un programme d’amélioration thermique.

En outre, la population logée par les HLM se paupérise de plus en plus. Deux tiers des ménages logés en HLM ont des revenus inférieurs à 60% des plafonds de ressources et près d’un tiers ont même des revenus inférieurs au seuil de pauvreté (contre 22% des locataires du parc privé).

La ministre du Logement, Christine Boutin, tentera de répondre à ces inquiétudes en s’exprimant jeudi lors de la séance de clôture, à moins de trois semaines de la présentation de sa loi au Parlement.

 23/09/2008 12:21:13 – Â© 2008 AFP