France : le marché des piscines privées plonge

 
 
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à Saint-Just, le long du bord d’une piscine privée. (Photo : Denis Charlet)

[21/08/2008 09:23:54] PARIS (AFP) Moral des Français en berne, météo maussade: le marché français des piscines privées, après plusieurs années d’euphorie, plonge en 2008 avec un recul prévu de 20 à 30% des installations dans les jardins des maisons.

“Le marché français a enregistré au premier semestre une baisse de 20% en valeur par rapport aux six premiers mois de 2007”, a déclaré à l’AFP Jacques Braun, administrateur de la Fédération des professionnels de la piscine (FPP).

Pour Jean-Louis Desjoyaux, PDG du groupe Desjoyaux, qui se revendique leader mondial de la piscine enterrée, la chute cette année pourrait atteindre entre “20% et 30%” par rapport à 2007.

Pourtant, le nombre de piscines privées vendues en France ne cessait de progresser ces dernières années: 74.000 en 2003, 94.000 en 2006, 98.000 en 2005 et 2007 sans parler de l’incroyable record de 2004 (128.000) consécutif à la canicule de l’été précédent.

Ce qui a porté, fin 2007, le parc français à un total de 1.346.000 (dont 843.000 enterrées et 503.000 hors sol), à la deuxième place mondiale derrière les Etats-Unis.

Raisons invoquées pour le coup d’arrêt de cette année: “le ralentissement économique et la météo des deux étés 2006 et 2007 totalement pourrie”, selon M. Desjoyaux qui reconnaît une baisse, à fin juillet, de 7,52% de son chiffre d’affaires (environ 100 millions pour l’exercice 2006/2007 clos fin août) par rapport à la même période de l’an dernier.

“En France le recul est de 11,6% tandis que nous progressons de 1,39% à l’exportation”, souligne M. Desjoyaux qui ambitionne de réaliser la moitié de son chiffre d’affaires à l’étranger dans deux ans grâce principalement à la Chine (+30% en un an), la Russie et le Moyen-Orient.

Le prix d’une piscine enterrée, qui démarre à 8.000 euros, peut atteindre 220.000 euros dans une des villas des quartiers chics de Londres comme Chelsea.

Pour le seul fabricant de piscines côté en Bourse, “c’est la clientèle des classes moyennes qui est touchée car on peut retarder l’achat d’une piscine, pas de pots de yaourts”.

“Pas de panique. Ce n’est pas un revirement structurel, juste un coup de frein”, relativise M. Braun, également PDG de la société Waterair (71 millions de chiffre d’affaires), basée en Alsace.

Pour lui, “contrairement à des vacances passées à l’étranger, la piscine reste une valeur refuge pour un investissement qui augmente la valeur de la propriété dans laquelle elle est bâtie”.

En effet, selon un étude du cabinet Décryptis pour la FPP, “les propriétaires considèrent qu’avec une piscine, des maisons +moyennes+ se vendent plus cher et que de +belles+ maisons sans piscine risquent de se vendre en dessous du marché”, notamment dans le sud de la France.

La situation actuelle a été jugée suffisament grave pour qu’une réunion exceptionnelle de la FPP ait été convoquée le 4 septembre pour analyser ce “retournement de tendance”, indique Joëlle Pulinx, secrétaire de cette fédération qui regroupe 700 des quelque 3.000 entreprises du secteur (dont 2.500 sont des installateurs).

 21/08/2008 09:23:54 – Â© 2008 AFP