[06/06/2008 11:31:12] PARIS (AFP) Moins d’apéritifs au bar de la plage, chasse aux “promos” sur internet, séjours en “tribu” dans la maison familiale: ils tenteront certes de dépenser moins sur place, mais les Français seront plus nombreux à partir cet été, malgré l’envolée des prix à la pompe. Plus de la moitié des Français se voient contraints de réduire leur budget vacances cet été, indique un sondage CSA. Ils sont 74% à vouloir bouger, contre 65% en 2007, mais ils comptent dépenser 72 euros de moins, soit 1.934 euros en moyenne par foyer, selon le baromètre Ipsos/Europ Assistance. “Les Français partiront quand-même, mais probablement moins loin, et ils feront des arbitrages sur place”, commente Josette Sicsic, directrice de Touriscopie, l’observatoire des comportements touristiques: “Ils vont rogner sur le resto, les sorties ou les stages de tennis pour les enfants”. Certains touristes n’ont pas hésité à décaler leurs dates de vacances pour profiter de tarifs plus avantageux. Ainsi, l’exploitant de résidences de vacances Odalys affiche complet pour la dernière semaine d’août, généralement creuse. Si les Français ont “toujours autant envie de changer d’air”, près de 80% tiendront compte du coût des transports, selon le cabinet Protourisme. “Ceux qui resteront en France privilégieront la proximité”, estime son gérant, Didier Arino. Les vacanciers opteront plus souvent pour le train: “Face à l’avion, le train l’emporte à 80%, à condition qu’il soit rapide”, relève-t-il, citant l’exemple du TGV Est qui fait Paris-Strasbourg en 2H20. Mais ils ne vont pas pour autant délaisser la voiture, “car un trajet avec quatre personnes revient souvent moins cher que le train”.
Parmi les gagnants de l’été figureront le tourisme urbain, les parcs de loisirs avec hébergement sur place et les croisières, moins touchées par l’envolée du pétrole que la voiture ou l’avion. Les compagnies aériennes multiplient les surcharges carburant. Air France en est ainsi à sa 17e hausse depuis 2004, avec un supplément qui atteint désormais 202 euros par billet aller-retour pour un vol long-courrier. Au grand dam des agences de voyage, chargées d’annoncer la mauvaise nouvelle à leurs clients. Elles réclament que la surcharge soit intégrée au prix global du billet aérien, et non répertoriée comme une “taxe” à part. “Les compagnies aériennes se moquent du monde en assimilant les surcharges à des taxes, donnant au consommateur l’impression que c’est l’Etat qui les empoche”, s’insurge Jean-Pierre Mas, président du réseau Afat Voyages. Malgré la dérive des coûts, “les voyages chers et lointains continuent à se développer rapidement, car les couches aisées dépensent toujours plus alors que les classes moyennes resserrent leur budget vacances”, note-t-il. A l’Association des tour-opérateurs français (Ceto), les indicateurs sont au vert: les réservations de voyages à forfait (vol avec hôtel) sont reparties à la hausse en avril, atteignant +15% pour certains voyagistes, après une baisse de 13% en mars. “Lorsque le moral des ménages est au plus bas, les gens ont envie de s’évader”, commente son président, René-Marc Chikli. La flambée des cours du pétrole pourrait toutefois avoir “une incidence sur les réservations de dernière minute”, surtout pour le long-courrier. La destination France devrait bénéficier de l’envolée des prix des carburants, grâce à sa “situation au coeur de l’Europe”, estime Didier Arino. Les touristes allemands, britanniques et belges, eux aussi soumis à des contraintes budgétaires, “reviennent en force”. |
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