CPS.HKG21.030308095451.photo00.quicklook.default-245x167.jpg
Le ministre du Budget Eric Woerth, le 28 février 2008 à Paris (Photo : Patrick Kovarik)

[03/03/2008 08:57:20] PARIS (AFP) Le ministre du Budget, Eric Woerth, a évalué lundi à environ un milliard d’euros le montant de la fraude fiscale imputée aux Français ayant un compte au Liechtenstein, précisant qu’il n’y avait pas de “noms connus” dans la liste de quelque 200 personnes.

“La somme que représente cette liste d’actifs transférés au Liechtenstein représente à peu près un milliard d’euros”, a-t-il dit sur Europe 1.

“C’est possible que ce soit de l’argent transféré légalement. C’est tout ce que nous devons vérifier”, a-t-il ajouté, précisant que cela prendrait plusieurs semaines.

Interrogé sur l’identité des quelque 200 personnes mises en cause, le ministre a déclaré qu’on “ne lâche pas en pâture des noms”, en invoquant le “secret fiscal”.

“Nous en sommes à établir la réalité de cette liste”, a-t-il dit en rappelant qu’elle avait été fournie gratuitement par la Grande-Bretagne. “Ce n’est pas une liste détaillée. Ce n’est pas l’annuaire téléphonique”, a-t-il ajouté.

Plusieurs pays, dont les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l’Italie ont également annoncé avoir identifié de nombreux contribuables soupçonnés de fraude.

La justice allemande a annoncé avoir pris dans ses filets plus de 160 personnes dans le cadre d’une vaste enquête sur des fraudeurs du fisc, grâce à des informations qu’elle a obtenues via un informateur du Liechtenstein.

Le ministre du Budget a rappelé que le redressement réalisé par le fisc français sur des entreprises et des particuliers s’élève à 7 milliards d’euros par an.

Quelque 50.000 contrôles sont réalisés chaque année dont 5.000 de manière approfondie auprès de personnes physiques, a-t-il précisé.

Par ailleurs, M. Woerth a évalué à “plus de 10 milliards d’euros” le montant des fraudes à la TVA en Europe dont “probablement un à deux milliards d’euros, peut-être même plus” en France.

La fraude à la TVA, autrement appelée technique des “carrousels” consiste pour les escrocs à faire tourner de la marchandise entre des pays de l’UE pour encaisser de la TVA sans jamais la reverser à l’Etat.

Dans ce contexte, “j’appelle à la création d’un organisme qu’on pourrait appeler par exemple Eurofisc, doté de pouvoir juridique qui viendrait s’inscrire dans le cadre des organismes européens et qui lutterait contre la fraude fiscale dans son ensemble”, a déclaré Eric Woerth.

 03/03/2008 08:57:20 – © 2008 AFP